27 December 2008

La relaxation

« Quand on ne trouve pas son corps en soi-même,
il est inutile de le chercher ailleurs » La Rochefoucauld



Introduction et définition :


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...Le terme relaxation est un anglicisme introduit en 1954. Sur le plan étymologique le mot vient du latin « relaxare» : se détendre, se relâcher. Sur le plan médical, il convient de parler plutôt de relaxation thérapeutique. En effet, le terme en soi n’appartient pas exclusivement au langage médical et n’est la propriété d’aucun groupe professionnel. Chacun peut se relaxer comme il l’entend.
....Le terme de relaxation désigne une diminution ou la suppression d’une tension musculaire, suivie d’un apaisement psychique obtenu à l’aide d’un procédé ou d’une méthode thérapeutique. Pour Durand Bousingen, « les méthodes de relaxation sont des procédés thérapeutiques bien définis, visant à obtenir chez l’individu une décontraction musculaire et psychique à l’aide d’exercice appropriés; la décontraction neuromusculaire aboutit à un tonus de repos, base d’une détente physique et psychique »


2\ Les différentes méthodes de relaxation : classification et description.


.....On utilise ici le terme de méthode plutôt que celui de technique parce qu'en réalité, ce qui différencie les méthodes décrites par les différents auteurs, c'est avant tout leurs techniques. La méthode est, en effet, un concept beaucoup plus vaste qui implique un chemin à suivre en utilisant des techniques. Elle suppose également la notion d'un apport créateur et original. Par exemple, on peut dire que Jacobson a découvert une méthode à visée thérapeutique pour laquelle il a été amené à élaborer une technique particulière.
....La plupart des méthodes de relaxation actuellement utilisées se réfèrent implicitement ou explicitement aux techniques de SCHULTZ et de JACOBSON, ou encore s'inspirent de quelques-uns des éléments que les auteurs jugent les plus efficaces dans leur perspective.
....L’apport psychanalytique a permis l’évolution des idées par rapport au training autogène qu’il est considéré communément comme la technique mère dont sont issues les autres : travaux de SAPIR et collaborateurs de AJURIAGUERRA, de GEISSMAN et de bien d’autres
....Yoga a également été plus tard à l’origine de l’eutonie, méthode crée par Gerda ALEXANDER au Danemark.
On peut donc citer les méthodes les plus connues :
- Le training autogène et la relaxation progressive
- La méthode de relaxation à inductions variables (SAPIR, REVERCHON, PHILIBERT…)
- La méthode élaborée par de AJURIAGEURRA, Garcia-Badaracco et Michèle CAHEN ; cette méthode a été reprise en France sous le nom la rééducation psychotonique par J-G. LEMAIRE.
- La relaxation statico-dynamique (RSD), de Raymond JARREAU, Reine KLOTZ et Marie-José HISSARD
- Le training autogène progressif psychothérapique d’Yves RANTY (TAPP)
- L’abord corporel thérapeutique (ACT) d’Eliance BARON, Joséphine CHENE, Elisabeth DEBURE et Françoise NOEL.
Des méthodes spécifiques à l’enfant ont été pensés et mises au point :
- La méthode de WINTREBERT
- La méthode de BERGES

D’autres méthodes sont également bien connues :
- Le bio feed back
- La régulation active du tonus musculaire de Berthold Stokvis à Leyde
- La sophrologie de CAYCEDO

....Pour Durand de Bousingen et Kammerer, il y a trois grands groupes de méthodes:

— Les méthodes neuromusculaires à point de départ physiologique, inaugurées par le physiologiste Edmund JACOBSON; elles s'appuient essentiellement sur une analyse et une éducation psychosensorielle,
— les méthodes psychothérapeutiques globales issues de l’expérience du psychothérapeute Schultz; elles utilisent essentiellement des moyens auto-concentratifs et auto-hypnotiques,
— enfin, les méthodes de rééducation psychotonique abordent le tonus dans son aspect de dialectique inter-humaine, qui est à analyser et à élaborer suivant des critères d'explication psychodynamique, psychanalytique en particulier.
Cette dernière classification est la classification la mieux élaborée et la mieux structurée.

A. L'APPROCHE NEUROPHYSIOLOGIQUE

Ces méthodes semblent se caractériser par une prise de conscience de plus en plus fine de la séquence contraction — relâchement musculaire.
Elles visent à un apprentissage progressif du contrôle tonico-musculaire fin. Elles ont la prétention d'obtenir une rééducation systématique du contrôle tonique par un apprentissage principalement et exclusivement périphérique. Secondairement seulement, une modification de l'état de réceptivité central sera obtenue. Le sujet demeurera toujours conscient et l'état de calme central ne sera que le reflet passif de la normalisation tonico-musculaire périphérique.

La relaxation progressive de JACOBSON :

...Cette méthode demande, pour le sujet seul, une séance d'une heure par jour et une à trois fois avec le thérapeute. Le travail peut s'échelonner de quelques mois à plusieurs années.
Elle comporte deux degrés :
1. La relaxation progressive (ou générale) : Apprendre à reconnaître les sensations de contraction, de les localiser dans son corps et de s'entraîner à les éliminer (dans un muscle puis un groupe musculaire) et enfin de bien mémoriser ce qu'est un état de relaxation musculaire :
-exercices physiques
-exercices de relaxation mentale
2. La relaxation différentielle : cette deuxième méthode ne doit être pratiquée que lorsque l'on sait bien et rapidement reconnaître telle tension et l'éliminer aussi vite.
-Apprendre à relâcher certains muscles pendant que d'autres maintiennent une activité afin de prendre conscience du minimum de tension musculaire nécessaire à l'accomplissement d'un geste donc de faire des économies d'énergie.
b. L'APPROCHE HYPNOIDE :

L'origine des méthodes de relaxation remonte à l'époque où l'hypnose jouissait encore d'une très grande popularité.
On peut définir l'hypnose comme une modification de l'état de conscience, induite par la technique et caractérisée par une augmentation de la réceptivité à la suggestion. Ce n'est pas un état de conscience en soi mais plutôt une méthode permettant d'y accéder. Pour bien comprendre les fondements de la méthode de Schultz, la plus représentative de cette approche hypnoïde, il est nécessaire de la resituer dans ce contexte historique.


Le training autogène de SCHULTZ :


C'est une méthode qui permet de se détendre en utilisant une formulation induisant un état proche de l'hypnose.
Elle est basée sur 2 éléments fondamentaux de déconnection hypnotique :
- Sensation de lourdeur (décontraction musculaire)
- Sensation de chaleur (vaso-dilatation des vaisseaux périphériques)
La méthode comporte 2 cycles :
-Le cycle inférieur (1er cycle) ou Méthode de relaxation par auto-décontraction concentrative. Il se compose de 6 exercices, la décontraction concentrative s’exerçant successivement sur 6 domaines par des inductions faites par le thérapeute :
- muscles : « mon bras est tout à fait lourd »
- système vasculaire : « mon bras est tout à fait chaud »
- cœur : « mon cœur bat calme et fort »
- respiration : « ma respiration est tout à fait calme »
- organes abdominaux : « mon plexus solaire est chaud »
- tête : « mon front est agréablement frais »
-Le cycle supérieur est une méthode de relaxation psychanalytique, seuls peuvent pratiquer cette relaxation les psychothérapeutes. Cette méthode utilise beaucoup d'imagerie mentale.


C. L'APPROCHE PSYCHODYNAMIQUE


. ...Si l'on peut reprocher quelque chose à Schultz, c'est peut-être d'avoir négligé l'aspect relationnel qu'implique sa méthode et, par là, les manifestations transférentielles de même que l'analyse psychodynamique des résistances offertes au traitement, c'est à ce niveau que veut se situer la rééducation psychotonique.


La rééducation psychotonique :


. ...La rééducation psychotonique est le nom actuellement donné par J.G. Lemaire à la méthode décrite par Ajuriaguerra et Michèle Cahen.

...S'inspirant de Schultz, elle fait référence à un aspect très particulier du tonus, soit la dialectique tonico-affective qui préside à toutes les attitudes d'un sujet adulte. La méthode ne cherche pas à obtenir une hypotonie minima mais plutôt une maîtrise tonico-émotionnelle et une meilleure intégration du schéma corporel.

....Ajuriaguerra en vint rapidement à souligner le rôle du tonus dans la communication interhumaine. C'est "le dialogue tonique", aspect le plus dynamique de ses recherches qui lui permettra de concevoir une thérapeutique. Le langage oral est un des moyens de communication intimement liés à l'évolution de l'activité humaine mais, en dehors de lui, il en existe d'autres qui méritent d'être étudiés et comparés.

....L'enfant s'exprime dès sa naissance par le cri, par des réactions toniques axiales, par des grimaces et des gesticulations où parle tout le corps. Il réagit aux stimulations ou aux interventions extérieures par l'hypertonie ou encore il se laisse aller à une paisible relaxation. Hypertonie d'appel ou hypotonie de satisfaction, c'est déjà par rapport à autrui que ces modifications toniques prennent leur sens. C'est donc par son corps que communique l'être humain, et ceci bien avant l'apparition du langage.

...Dans cette perspective, on comprendra qu'obtenir une modification tonique n'a de sens qu'en rapport avec le changement qu'elle entraîne dans la relation avec autrui. Sur le plan thérapeutique, ce changement doit se comprendre et s'utiliser dans le cadre d'une relation entre le thérapeute\et le patient. Les moyens d'action curatifs sont alors de deux ordres: d'une part, son aspect physiologique immédiat sur le tonus qui aura un premier effet sur le symptôme et, d'autre part, l'aspect psychothérapique de l'entraînement qui s'appuie sur la personne du médecin et qui part d'un vécu corporel nouveau. Ce travail permettra au malade de prendre conscience de ses réactions toniques au cours du dialogue, puis progressivement des circonstances qui provoquaient jusque-là les paroxysmes hypertoniques et les symptômes morbides.

......Conçue dans cet esprit, la méthode de Lemaire est une patiente rééducation du tonus à travers une relation psychothérapeutique. Plus que la recherche d'une détente par suggestion au déconditionnement, elle suppose la compréhension du symptôme, compte tenu de la personnalité du sujet. Par conséquent, au lieu de forcer le sujet à se décontracter durant la séance, elle cherche plutôt à comprendre et à réduire peu à peu les différents facteurs qui l'empêchaient jusque-là de se relaxer. Au lieu de le convaincre que son bras est lourd, elle s'attachera à découvrir ce qui n'est pas encore décontracté en lui. En bref, on accorde beaucoup plus d'importance à l'analyse des résistances à la relaxation, ce qui suppose qu'on comprenne leur signification pour le patient.

.......Lemaire se comporte vis-à-vis des résistances au training autogène comme Freud s'est comporté autrefois devant les résistances de ses patients.

....Leur élaboration puis dissolution favorisent des remaniements féconds de la personnalité du sujet Collaborant activement à la méthode, sous forme d'auto observation et d'exercices réguliers, le sujet doit réaliser qu'il est inconsciemment attaché à cette hypertonie nuisible, même s'il désire consciemment y renoncer car son corps est conditionné depuis le jeune âge à des modes d'être passifs et tendus ; et de fait, il peut avoir peur d'abandonner ce dont il a eu besoin jusqu'à maintenant, ce qui explique sa difficulté à se relâcher, d’ailleurs, dès les premières expériences, le sujet constate souvent que l'abandon passager de cette hypertonie s'accompagne d'appréhensions, de craintes, parfois même d'une angoisse ive. Il comprend alors que la résistance à relaxation était pour lui une défense contre l'angoisse.

.....De plus, la présence du thérapeute implique une situation transférentielle qui ne devrait pas demeurer inutilisée. Autrui est toujours présent dans le silence et la déconnexion éveillant une vie instinctuelle très primitive et contradictoire (agression et amour» craintes et désirs); 1e corps vit ces états par des manifestations toniques de niveaux divers, contraction et décontraction suivant que l'on s'approche du sujet, qu'on le touche ou qu'on s'en éloigne, ces actes étant ressentis comme danger ou donation. C'est par l'interprétation de ces réactions et par l'expérience d'un nouveau mode de relation avec autrui, basé d'abord sur le tonus corporel, qu'on amènera le sujet à des prises de conscience, à des remaniements de sa vie tonique et, finalement, à la maîtrise tonico-émotive.

....L'attitude pratique du thérapeute passe grossièrement par trois stades. D'abord, il facilite autant que possible le travail du malade et ne lui ménage pas son appui, afin de lui permettre d'éprouver assez rapidement la première sensation de pesanteur L'expérience de la décontraction musculaire demeure fondamentale; c'est une étape décisive qui fait du médecin un témoin privilégié pour le patient. Ce rôle de témoin devient essentiel, dans un deuxième temps, pour aider le patient à prendre conscience des tensions qui persistent et qui réapparaissent au cours de la séance; ce rôle est également de première importance pour ce qui est du contrôle et du dialogue qui ébauche quand le malade ressent le besoin de s'exprimer verbalement. Enfin, la résolution des tensions résiduelles et l'instauration d'un dialogue dans une dimension transférentielle permettent de passer à la dernière phase du traitement où le médecin propose d'élargir l'utilisation des nouvelles acquisitions.

.......Le but de cette méthode est la détente pour soi, la découverte de soi à travers le corps, le dialogue tonique avec autrui joint à une analyse du vécu interrelationnel, s'inspirant d'une compréhension psychodynamique profonde des troubles toniques et psychosomatiques, c'est une véritable psychothérapie de relaxation, d'orientation analytique, qui pourra éventuellement déboucher sans que ce soit le but du traitement sur une thérapie verbale ou une psychanalyse.


Relaxations adaptées aux enfants

Deux méthodes majeures peuvent être citées, celle de Bergès J. et celle de Wintrebert H.

La méthode Bergès reprend les apports techniques de Schultz et d'Ajuriaguerra.
Elle se pratique en cure individuelle ou en groupe. La prise en charge dure de six mois à un an, à raison d'une séance hebdomadaire. Il y a différentes phases:

1. phase de concentration mentale : « pense à un souvenir où tu t'es senti calme prend une photo ou une carte postale qui te plait et que tu trouves calme ». La consigne est répétée trois fois.

2. phase de rappel de son corps (en touchant les différentes parties du corps nommées) : « pense à ton épaule (toucher), à ton bras (toucher), à ton avant-bras (toucher) … ».

3. détente neuro-musculaire : « pense à ton épaule qui se repose, ton bras … (sans toucher) ». « Maintenant je mobilise ton bras, ton avant bras, ton épaule … » (ces mobilisations permettent de resituer le corps de l'enfant dans l'espace).

4. suggestion : « tu sens ton corps lourd qui s'enfonce, tu le sens descendre vers le sol … ».
5. reprise.

La méthode « activo-passive » de Wintrebert, tire son originalité du contact physique important entre le relaxateur et l'enfant.
La prise en charge s'effectue à raison d'une séance par semaine.

-Pendant au moins une année scolaire.

-Entretien préalable.

-Séance d'observation : étude de l'hyperexitabilité et la maintien de la vigilance (Utilisation du métronome. A l'arrêt du tempo l'enfant doit faire un mouvement, on observe les anticipations, la stabilité ou l'instabilité posturale pendant l'attente).

-Etape de la « régulation du tonus par les mouvements passifs » :
le thérapeute effectue des mobilisations lentes, régulières et monotones, jusqu'à disparition de toute résistance ou participation active de la part de l'enfant.

-Etape intermédiaire : dite « phase d'immobilité »
Celle-ci débute lorsque la détente globale est facilement obtenue par le mouvement passif.
Le thérapeute indique alors à l'enfant par des contacts légers les différentes parties de son corps.
Il propose également quelques inductions verbales : « pense à ta main qui est calme, détendue … », « pense à ton front qui est lisse, relâché … ».

-Troisième étape:
L'enfant réalise lui-même des mouvements avec temps mort : élévation-chute, prise d'attitude, contraction-relâchement.
De même, lui sont proposés des exercices respiratoires.

-Dernière étape: « La réadaptation des mouvements » :
On associe les différents mouvements et attitudes de la vie courante à ces états de relaxation.


3\ Indications / contre-indications générales :

Les techniques de relaxation varient considérablement à tel point qu'il est difficile de leur attribuer des indications communes. Un principe demeure toutefois fondamental, autant en médecine psychosomatique qu'en psychiatrie: l'indication d'un traitement, quel qu'il soit, reste d'abord et avant tout déterminée beaucoup plus par la structure psychologique du sujet que par le symptôme lui-même.

a. Indication :

Chez l'homme normal
Personnes soumises de part leur profession à des fatigues, des stress ou des émotions violentes. Les orateurs, les acteurs, les sportifs, les chefs d'entreprise ou les médecins.
Syndromes cardio-vasculaires et vaso-moteurs
-l'hypertension artérielle ;
-''Névrose cardiaque'' : précardialgie, palpitation, tachycardie … les sujets présentent toujours une anxiété importante.
-Troubles vaso-moteurs : l'éreutophobie, l'artérites, maladie de Raynaud, certaines migraines
Syndromes respiratoires
-Rhumes saisonniers ;
-Toux nerveuses ;
-Dyspnée.
Asthme bronchique
(Domaine psychosomatique)
Tuberculose pulmonaire
Dans le cas d'un déclenchement de la maladie à la suite de traumatismes affectifs qui offre au bacille un lieu de moindre résistance. Par ailleurs la relaxation offre au patient un repos et une ventilation optimale.
Syndromes endocriniens et métaboliques
Un désordre endocrinien ou métabolique est parfois psychogène, souvent « organique », mais toujours sujet à des variations importantes selon les stress, les émotions.
-Hyperthyroïdie
-Diabète
-Spasmophilie et tétanie.
Syndromes digestifs
-Troubles de la déglutition : dysphagie hystériques, les spasmes de l'oesophage.
-Gastrites et ulcères gastriques : gastrite atrophique ou hypertrophique.
-Recto-colite ulcéro-hémoragique.
Système uro-génital et trouble de la fonction sexuelle
-Trouble de la miction (difficulté névrotiques d'uriner), énurésie.
-Syndrome douloureux de la région génitale chez la femme : tension prémenstruelle, dysménorrhée.
-Troubles de la fonction sexuelle : chute de l'érection au moment du coït ou de l'intromission, éjaculation précoce, frigidité chez la femme (vaginisme = spasme des sphincters).
-Obstétrique : technique de détente pour l'accouchement sans douleur.
Troubles oculaires
-Fatigue oculaire, flou et autres plaintes des sujets névrotiques ;
-Le glaucome : caractère psychosomatique de cette affection qui survient chez des hypertendus artériel qui ont une tension émotive retenue exagérée réprimée.
-Cécité : permet aux aveugles d'affronter les multiples facteurs stressants physiques et émotionnels qui résultent de leur infirmité.
Troubles dermatologiques
-Affections dermatologiques d'origine psychosomatique ou allergique.
-Prurit anal et vulvaire sine materia.
-Psoriasis, eczéma.
Affections d'ordre neurologique
-Tremblements : par réduction de la composante émotive des tremblements de type hystérique observé après certains traumatismes crâniens.
[contre-indication] « Le tremblement extra-pyramidal donne lieu à des appréciations beaucoup plus nuancées ; dans le cas de la maladie du Parkinson (postencéphalitique ou sénile) on ne peut améliorer les épisodes d'aggravation du tremblement par les émotions. Au contraire il y a aggravation du tremblement pendant les exercices, par suite de l'abaissement du tonus musculaire de défense. De même pour les tics, les spasmes et les mouvements anormaux qui ont une étiologie organique »
-Syndrome subjectif des traumatisés crâniens (vertiges, céphalées, bourdonnements d'oreilles, asthénie).
-Epilepsie : pour diminuer la part émotionnelle et affective qui existe toujours dans le déclenchement des crises d'épilepsie.
-Algies : diminution de la sensibilité à la douleur.

Les névroses
La relaxation est efficace sur les différents symptômes de la névrose : Céphalées, vertiges, trouble de l'équilibre, douleurs lombaires, symptômes hypocondriaques, l'insomnie, tension anxieuse généralisée, bégaiement, crampe des écrivains …

Les psychoses :
Les sujets se trouvant dans une période de rémission ou d’amélioration stable, dont les conditions sont : délire à minima, capacité d’intégration relative dans un milieu social ou familial, fuite des idées et agitation réduites, dépression déjà bien compensée, niveau intellectuel moyen ou supérieur.

Chez l'enfant
Un entraînement classique peut être réalisé à partir de 10 ans (Schultz). En dessous la méthode est difficile à appliquée. De même, qu'elle est difficile d'accès à tous les débiles mentaux de tout âge.
Bergès propose sa méthode aux enfants à partir de 5 ans.
Une méthode de type Wintrebert pour les enfants algiques est proposée à partir de 2 ans, avec une majorité entre 4 et 6 ans.

-Syndromes psychomoteurs : Troubles paroxystiques du tonus musculaire (tics névrotiques, bégaiement, onychophagies, trichotillomanies …), instabilité et d'impulsivité, crampe de l'écrivain, bégaiements, troubles du rythme de la voix, troubles grapho-moteurs et les paratonies en générale … etc.
-Troubles vaso-moteur et circulatoire du type éreutrophobique, tachicardie,
-Troubles digestifs : vomissements, douleurs abdominale, syndromes pseudo-occlusifs,
-L'énurésie : possibilité d'une formule organo-spécifique (Schultz) portant sur la chaleur de la vessie « je sais que je dois uriner, je me réveille complètement », « je sais que je me réveille à 11 heures, je vais aux toilettes, je retourne au lit, je me rendors ».
-Trouble de la série algique : asthme, dermatose …
-Période de préoccupations hypocondriaques chez l'adolescent …

B. Contre-indications

-Patients qui tirent de leur maladie des bénéfices secondaires.
-Ceux qui « érotisent » la cure de relaxation à tel point qu'ils chercheront à ne plus la terminer pour en prolonger la jouissance.
-Sujets schizoïdes. Plongés dans leur monde intérieur.
-Sujets débiles mentaux (selon la méthode).


C. Indications spécifiques :

....Lorsque l’apprentissage d’une technique de relaxation est indiqué, il est préférable d’enseigner la relaxation progressive aux malades souffrant d’une grande anxiété, ou démontrant une si grande fragilité, que le clinicien croit à la possibilité d’une éventuelle décompensation psychotique. La relaxation de Jacobson permet en effet de renforcer le contrôle sur soi en gardant un contact concret avec la réalité ; elle provoque ainsi beaucoup moins d'anxiété, d'effets secondaires et de complications que les autres méthodes de relaxation.
Chez tous les autres patients, il est préférable d’utiliser la technique du training autogène selon la méthode de Schultz ou selon celle de Lemaire. Si l'on considère que le sujet est suffisamment structuré pour être capable d'abandonner sans trop d'anxiété son contrôle moteur et surtout, si la relaxation doit se faire rapidement, on recommande la méthode de Schultz.
Si le sujet semble se relier facilement, s'il apparaît motivé à plus que l'apprentissage de la détente, si une fois son anxiété diminuée on le croit désireux d'intégrer ce changement dans la compréhension globale de sa personnalité, la méthode de Lemaire serait à utiliser. Ces critères très empiriques et insuffisants doivent être complétés par une évaluation complète du patient et l'expérience pratique du thérapeute.



Conclusion :

...Plus simplement on peut dire que la relaxation vise par divers moyens (psychiques ou physiques) à obtenir un bien-être général du corps et de l'esprit, à entrer en soi pour mieux se connaître, maîtriser son stress et ses émotions, et plus généralement à établir une meilleur communication avec le monde environnant.
La relaxation permet au sujet d'acquérir activement, par le biais de la concentration, un repos en relation avec ses propres situations émotionnelles intérieures. En effet, l'état de tension constitue un moyen de défense, une inhibition ou une limitation fonctionnelle du moi de l'individu.
En quittant le champ de l'agir, il tente de redevenir conscient de son corps, des sources de son être, de le redécouvrir. Il prend progressivement contact avec son moi intérieur et développe ainsi le sentiment d'un soi représentant la totalité de sa personne.

Bibliographie :

1. Auriol B., (1987), Introduction aux Méthodes de Relaxation. Privat.
2. Baillard C., (2001), La relaxation psychothérapeutique : Méthodes et stratégies, L’harmattan.
3. Bergès J., Bounès M. (1985), La relaxation thérapeutique chez l’enfant, Masson : Paris.
4. Durand de Bousingen R., Geissmann P., Les méthodes de relaxation. 4 Ed, Pierre Mardaga editeur.
5. Marvaud J.,(1995), Relaxation : actualité et innovation, Vol 1, L’esprit du temps.
6. Meyer J-P., (1986), relaxation thérapeutique, 4 Ed, Paris : Masson.

Annexe 1 :

Voici un extrait du livre de JACOBSON sur le traitement moderne des patients tendus :
" Choisissez une pièce calme, libre de toute intrusion et d'appels téléphonique:
1. Couchez-vous sur le dos, les bras sur le côté, et laissez vos yeux ouverts pendant 3 ou 4 minutes.
2. Fermez ensuite graduellement les yeux, gardez-les fermés pendant l'heure de détente.
3. Après 3 ou 4 minutes les yeux fermés, relevez votre main vers l'arrière en la tendant, et vous observez la sensation de tension pendant 1 ou 2 minutes, en remarquant bien comme elle diffère dans le poignet, dans les doigts et dans l'avant-bras.
4. Ne faites rien pendant 3 ou 4 minutes, à nouveau.
5. Vous relevez à nouveau la main, comme précédemment, pendant 1 ou 2 minutes.
6. Encore une fois, vous ne faites rien pendant 3 ou 4 minutes.
7. Vous relevez à nouveau votre main pour la troisième et dernière fois, en observant la sensation de tension pendant 1 ou 2 minutes.
8. Finalement, vous ne faites plus rien jusqu'à la fin de l'heure."

Annexe 2:

Le training autogène

Décrivons le T.A, est plus particulièrement son cycle inférieur.(le cycle supérieur est une technique de psychothérapie profonde)
Conditions matérielles
Elles sont celles que l’on retrouvera pour tous les exercices d’ « état second » :
Pièce tranquille (s’assurer qu’aucun bruit ne viendra troubler la relaxation) ;
Température ni trop chaude, ni taud froide; demi-obscurité
Position
Pour un premier exercice, il est préférable de s’allonger. On prendre soin de mettre un coussin sous la nuque. Les bras resteront en légère flexion le long du corps, paumes vers le bas. Les pieds seront tournés vers l’extérieur.
On peut aussi s’installer dans un fauteuil confortable. L’idéal est de pouvoir fléchir les avants-bras d’un angle de 135° qui correspond exactement à l’équilibre entre fléchisseurs et extenseurs. Toute la surface plantaire doit être en contact avec le sol, et la nuque, la tête doivent être bien soutenues par des coussins si besoin. Enfin, les genoux seront écartés de façon à relâcher les muscles des cuisses.
Si l’on ne dispose ni d’un fauteuil, ni de coussins, on peut s’installer sur une chaise ou un tabouret. C’est la position « en cocher de fiacre ».
Le corps s’affale, se tasse verticalement sur lui-même, tête relâchée vers l’avant, dos rond. Comme précédemment, les cuisses sont relâchées et les avant-bras reposent sur elles.

Premier exercice

a. On ferme les yeux.
b. on se représente mentalement, d’une manière aussi intense que possible la formule : « je suis tout à fait calme. »
L’image mentale évoquée peut être une scène paisible, au milieu de la nature: bord de mer, campagne, montagne.
Il faut essayer de développer l’image mentale dans toute son acceptation : visuelle, auditive, olfactive, gustative et tactile.
c. on passe ensuite à la seconde formule : « mon bras droit (gauche pour les gauchers) est tout lourd » Quelques instants plus tard, cette sensation de lourdeur est effectivement ressentie.
d. on « revient » alors à la surface » de la façon suivante :
1. Faire plusieurs flexions et extensions énergiques du bras.
2. Inspirer et expirer profondément.
3. Ouvrir les yeux.
e. Progressivement, au fil des séances, on ajoute les formules suivantes:
« Mes deux bras sont lourds, mes bras et mes jambes sont lourds, tout mon corps et lourd. »

Deuxième exercice

Répétant les deux précédentes, on ajoute une formule complémentaire :
a. « Je suis tout à fait calme. »
b. « Mes bras (et mes jambes) sont tout lourds. »
c. « Mon bras droit (gauche pour les gauchers) est tout chaud. »
On ajoute par la suite : « les deux bras sont chauds », puis « les deux bras et les deux jambes sont chauds »
A mesure que l’on progresse, on abrège ces formules de la manière suivante :
a. calme.
b. lourdeur.
c. chaleur.
Troisième exercice
En refaisant toujours les exercices précédents, on ajoute : « mon coeur bat calme et fort. »
Quatrième exercice
Toujours en refaisant les exercices précédents, on ajoute : « Respirer calmement »
Ou mieux encore :
« Ça respire » ou « je suis tout respiration ».
Cinquième exercice
On ajoute, en se concentrant sur la région du plexus solaire (approximativement à mi-distance de la ligne qui joint le nombril au sternum –l’endroit où se rejoignent les côtes flottantes-)
« Mon plexus solaire est tout chaud »
Sixième et dernier exercice
On ajoute une sensation fugitive et agréable de fraîcheur sur le front (comme un léger courant d’air) pendant quelques secondes :
« Mon front est agréablement frais »
Chaque exercice doit être pratiqué pendant au moins quinze jours avant de passer au suivant.
Il faut toujours remonter à la surface comme l’indique le premier exercice.
A partit du second exercice, il est conseillé d’être sous control médical (ou au moins de demander l’avis de son médecin traitant).
Les exercices se font au rythme de deux fois par jours pendant un temps très court au début (une minute).
Ils peuvent être allongés par la suite, au gré du sujet.

03 July 2008

Rapport d’une expérience vécue : le travail sur soi





Rapport d’une expérience vécue :

Le travail sur soi



Introduction et Définition du groupe:


Le groupe de psychothérapie, ainsi nommé parce que ses membres sont censés d’effectuer une formation à la psychothérapie, était composé de 6 psychologues : moi « Souheïla », A., N., K., S. et I. La plus âgée avait 33 ans, la plus jeune, en avait 22 ans, 3 dans le groupe avaient des emplois, les autres ne travaillent pas.

C’était un groupe de formation qui consiste à pratiquer en groupe les méthodes de la relation d’aide ou ce qu’on appelle le groupe thérapeutique non-directif de Carl ROGERS.

La formation porte sur le développement de la personnalité ou le travail sur soi parce qu’un des éléments essentiels de la "pratique" c'est d'avoir soi-même fait un travail d'évolution personnelle dans le cadre d'une psychothérapie "didactique"

L’Approche centrée sur la personne est basée sur la non-directivité, le non jugement, le climat de confiance, l’empathie et l’authenticité (ou congruence) : c’est une formation à l’écoute.

Il peut faire sourire de parler de formation à l’écoute, en effet chacun de nous dira « je suis capable d’écouter et de répondre lorsqu’on me parle ». Pourtant combien de frustrations parce que on n’a pas été compris.

Et pourtant! Si nous avons vécu la "même chose que l'autre", ne sommes-nous pas alors en droit de penser que nous pouvons le comprendre? Et bien non! Une même circonstance ne produit pas exactement les mêmes ressentis chez tout le monde.

L'autre s'y sent incompris (ça peut même le rendre agressif... ou déprimé!). Quant à nous, nous croyons l'avoir compris et nous ne saisissons que de l'illusion... ce qui en découlera sera donc inadapté. En plus nous nous chargeons d'un poids qui ne nous appartient pas en tentant de "ressentir" ce que vit l'autre.

Se mettre à la place, c'est se mettre en fusion avec lui. Il en résulte alors qu'il disparaît et qu'on ne le voit pas non plus.

Pour voir l'autre, ce qui est important, c'est d’être pleinement SOI face à quelqu'un à qui on accorde d'être pleinement LUI.


A travers ce rapport je vais aborder le déroulement des séances avec sa chronologie, le développement de la maturité du groupe et l’expérience que j’ai acquis grâce à cette formation, tout en décrivant les problèmes traités durant la thérapie, les techniques utilisées, le comportement du thérapeute et ses demandes, nos interrogations, nos désirs, les résistances, les évolutions des membres, les bénéfices, les horizons...



Le déroulement des séances :


On a commencé le travail sur soi le 10 Février 2008, on a fait 60 heures.

D’abord, on s’est présenté à tour de rôle, chacune se présentait à sa façon, puis on a fait des petits exercices :

# L’exercice de nomination et de fixer le regard :

Chacune nomme tous les éléments du groupe à condition qu’il se mette face à face avec son collègue, et celle qui a du mal à le faire, va réessayer jusqu’à ce qu’elle puisse se comporter bien.

Je crois que cet exercice a pour but de nous fournir un climat qui favorise la croissance des membres du groupe : l’authenticité, la tolérance et l’empathie que l’on peut résumer sous le terme de considération positive inconditionnelle, puisque pour qu’un Je naisse, il faut qu’un Tu nommes, le besoin de considération positive fera place à un besoin d’auto–appréciation.

Fixer le regard :

Cet exercice a pour but de vaincre la peur de l’autre; nous sommes très souvent bloqués par la peur du regard d’autrui pourtant, les autres ne remarquent que très peu nos petites erreurs et imperfections. En en prenant conscience, on peut gagner beaucoup de confiance en soi, et perdre la timidité.


# Le jeu de rôle et le psychodrame : chacune avait mentionné un rôle sur un bout de papier, puis on avait tiré au sort un rôle qu’on a joué par la suite.

Le jeu de rôle nous a aidé à nous mettre dans des situations qui sont affectivement chargées et on était obligé de les jouer comme acteur, sur une scène devant tout le groupe, je peux dire donc que cet exercice a pour but d’opérer chez nous la prise de conscience de nos attitudes et des rôles qu’on a effectivement joué et de réveiller bien sur la spontanéité comme capacité de créativité.


# Le retour sur le passé : Le thérapeute nous a demandé de fermer les yeux et imaginer la bobine de notre vie « l’enfance, l’adolescence, …jusqu’à l’âge adule»

La technique du « retour sur le passé » m’a permis de se sentir totalement en accord avec moi-même fondu au sein d’un tout lumineux.

C’est une technique très efficace ce qui m’a permis de remémorer le passé d’une manière vivante et de comparer les sentiments que j’éprouvais à l’époque avec ceux vécus en ce moment.


# L'introspection qui consiste à décrire le contenu de notre conscience et de notre mémoire. Ici, le thérapeute nous demande de relater nos souvenirs, de parler de nos espoirs, de nos craintes et de nos plus grandes peines.

# L’écriture automatique qui est une excellente méthode d’approche du moi profond. L’écriture automatique ne consiste à rien d’autre qu’à rédiger sur le papier le flot de pensées ou de mots qui viennent spontanément à mon esprit afin «de faire sortir » les pensées ou les sentiments profonds.

Pour ne rien oublier, je note tout ce qui me passe par la tête, tout au long de la journée de la thérapie et ce modeste travail est le fruit de cette technique.

Sincèrement l’écriture a un effet magique (spectaculaire). Elle permet de cristalliser la pensée. C’est un acte symbolique et libérateur.

Et lorsque nous écrivons nous donnerons à nos pensées surtout négatives une dimension plus objective puisque dans notre esprit, les pensées négatives ont tendance à prendre une dimension démesurée.

# Le thérapeute nous a demandé d’imaginer une situation pleine d’empathie avec quelqu’un avec qui on a des conflits, pour que nous puissions gérer nos conflits avec les autres.

# On a fait un exercice qui consiste à fermer les yeux et on bouge librement, grâce à cet exercice à surmonter mes peurs face à cette situation anxiogène et je pense que dorénavant je peux surmonter les sentiments d’insécurité face à toute situation nouvelle et ainsi face à l’inconnu.


Et enfin quelques exercices de relaxation.



Vers la maturité du groupe :


Je pourrais reprendre le déroulement des séances en s’ouvrant la perspective du développement du groupe vers sa maturité groupale en me guidant de mes propres analyses.


La maturité du groupe se réalise au cours d’un lent développement qui implique des séances successives avec les membres du groupe ;


La phase du début consiste à créer une ambiance de sécurité qui s’appelle le « warming up »; parce que le sentiment fondamental est une insécurité provenant de la nouveauté de la situation actuelle et de l’appréhension de ce qui va se passer dans la thérapie, d’ailleurs même on était étonné par le statut du thérapeute HAROUNI puisque on a cru que ce module et comme tous les autres modules. Face à cette insécurité, j’ai remarqué que les membres du groupe se servent principalement de leurs masques sociaux c’est à dire de leurs statuts sociaux.


Après qu’on est parvenu, par le fait que tous les membres peuvent se connaître directement et avoir entre nous des relations de face à face grâce à la disposition du groupe en cercle, à un degré de reconnaissance interpersonnelle nécessaire et suffisant pour que chacun sache qui est réellement l’autre, on est arrivé à développer une confiance réelle entre nous.

Donc on était plus ou moins invité à laisser tomber les masques, à se défaire de l’image protectrice et à être plus ou moins nous même.

Mais au début le sentiment d’être à découvert provoque une peur réelle chez nous voire même une panique chez d’autres qui tremblaient de peur, cequi nous a amené à nous précipiter dans des attitudes de combat pour se défendre.


De plus en plus le niveau de nos participations sincères sont élevées je crois que parce qu’on se sentait comme des organismes impliqués dans le travail.

À cette phase je (et peut être c’est le cas pour tout le groupe) m’efforce de prendre conscience de mon vécu, mes sentiments, ma situation et mes rapports avec les autres.


Et enfin le changement le plus remarquable à mon avis est d’intervenir activement, à apprendre à évaluer notre propre progression et à gérer les tensions qui peuvent surgir au sein du groupe voire même dans un contexte social en écoutant l’autre, en étant chaleureux avec lui et en lui montrant de l’empathie dans toutes nos relations avec autrui… et c’est l’attitude indispensable pour réussir tout.



J’avoue que le développement du groupe s’est réalisé très rapidement puisque nous étions toutes des psychologues. En effet il n’y avait pas beaucoup de jugement ni d’agressions, au contraire il n’y a eu presque que de l’acceptation, de l’empathie ainsi que la grande contribution de ce qu’on a appelé « le repas thérapeutique » ; nous prenions notre déjeuner ensemble et en plein air.


La seule chose, à mon avis qui était un obstacle pour la décharge libre c’est que le thérapeute est notre enseignant et nous avons fait une extrapolation pour les autres enseignants. En effet on n’était pas à l’aise avec lui lorsque on parlait des enseignants et leur irrespect à notre égard.


Le changement que j’ai pu acquérir grâce à cette formidable expérience est l’accroissement du savoir faire dans le maniement des relations humaines, en vue de l’établissement de relations plus efficaces et plus satisfaisantes, je sens que ma conscience de mes sentiments et des réactions des autres est augmentée et aussi je suis devenue plus attentive aux autres, je peux ainsi se mettre à leur place et comprendre leurs besoins sans pour autant renoncer à soi-même.

Puisque la prise de conscience se fait dans le groupe et à l’occasion de l’être en groupe et aussi grâce à l’attitude empathique et du non jugement du thérapeute face aux membres du groupe; il était très vigilant à l’égard de l’état psychique de chacun, il insiste même sur la réalisation des besoins psychiques tel que la sécurité, l’affection et l’appartenance au groupe, et même les besoins physiologiques comme le sommeil et la nourriture; lorsque nous avons faim il nous permettait de sortir pour déjeuner et après le repas si on se sentait fatigué et on avait envie de dormir il nous permettait de nous reposer un peu et de se relâcher 5 min …il s’intéressait beaucoup à ce qui est ressenti par nous même et par nos corps…

Ses interventions se limitaient en la reformulation de nos idées, de donner des synthèses partielles de ce que nous disions et de poser des questions, j’apprécie considérablement ses questions quand il m’interrogeait sur ce que je disais parce qu’elle m’aide beaucoup à cerner mon problème et ressentir pleinement mon expérience.

Lors de la première rencontre je me suis interrogée pourquoi il n’a pas expliqué préalablement son rôle et les aspects de ses interventions et tous les membres du groupe n’ont pas compris ce qu’ils doivent faire ou de quelle manière ils vont intervenir parce que nous sommes toutes des psychologues mais petit à petit on a découvert nous même son rôle et nos rôles, je crois que c’est la meilleur façon de ne pas créer une situation inattendue et à ne pas frustrer nos attentes.

Le thérapeute ne nous a pas explicitement montré qu’il sera empathique et ne jugera pas nos attitudes, mais il nous a communiqué ses attitudes rogériennes d’une façon indirecte. Il me semble que s’il nous avait expliqué d’emblée ses attitudes thérapeutiques, on s’aurait méfié de ses paroles rassurantes et par conséquence perdre leur efficacité thérapeutique.


Lorsque les trois conditions : l’authenticité, le regard positif inconditionnel et l’empathie sont réunis, le changement thérapeutique peut survenir, surtout lorsqu’on croit en la thérapie et au pouvoir du thérapeute, c’est pour cette raison que le thérapeute nous racontait souvent ses réussites avec beaucoup de ses patients grâce à cette approche thérapeutique.



L’expérience acquise :


Ma première pensée concernant le groupe était : j’aperçois par exemple que je peux travailler et participer sans pour autant raconter ma vie, idée qui m’a empêché de coopérer avec les membres du groupe.


De plus en plus les séances du travail sur soi m’ont permis de découvrir deux choses très importantes :

*Lorsque une personne est accueillie et consolée tout revient à l’ordre; quand on console l’autre, il se sent reconnu et aimé, ses pleurs sont séchés et par conséquent elle ne pense plus à sa souffrance et manifeste sa joie.


* Il se construit inconsciemment un personnage derrière lequel nous nous cachons, c’est le cas d’une personne qui n’a pas trouvé sa propre authenticité ; un personnage qui décide d’être fort et de se débrouiller seul quoi qu’il arrive. Il devient un personnage fabriqué qui ne correspond plus à sa nature profonde.

J’ai compris également que le choix d’un masque n’est jamais innocent, car d’une façon ou d’une autre, il reflète nos affects très profond.

Ainsi la difficulté que j’ai constatée chez et chez presque tous les membres du groupe est le conflit entre 2 entités « personnages », le vrai et le fabriqué.


Pr. HAROUNI et le travail du groupe nous ont permis de nous libérer de notre mal de vivre en changeant notre regard sur nous même et sur les autres.


L’expérience la plus primordiale que j’ai acquise durant toute ma vie est qu’ au fond de tout être humain il y a une perle pleine d’humanité, il suffit juste de traiter la personne d’une manière Rogérienne dirai-je !

Je lisais toujours la citation de ROGERS : « Mieux un individu est compris et accepté dans son unité et sa globalité de personne, plus il a tendance à abandonner les fausses défenses dont il usait habituellement pour affronter la vie », mais je n’en étais pas convaincue jusqu’au ce jours là où j’ai trouvé une ambiance chaleureuse d’acceptation, de non jugement, d’écoute empathique….une ambiance pleine d’humanité.

J’ai découvert que nous sommes des diamants enrobés de roches sans valeur, c’est à nous de gratter les roches pour que le diamant se libère, nous éclaire nous et les autres comme me dit toujours le thérapeute Philippe MASSABOT qui a une très grande influence sur la croissance de ma personnalité.


On a découvert également que nous pouvons gérer nos conflits et par là mener une vie épanouie et sereine.


En prêtant attention et en accueillant mes sentiments j’ai appris à distinguer entre sentir et savoir.


Le travail sur soi m’a permis de m’épanouir pour recevoir l’amour des autres et aimer en toute innocence comme un enfant.



J’ai découvert à l’occasion d’être en groupe :

Des attitudes sociales chez autrui différentes des miennes, aux quelles je n’y avais jamais pensé.

Que chaque individu a ses propres problèmes subjectifs différents des miens même si leurs apparences nous indiquent qu’il vit une belle vie mais lorsque nous les explorons profondément on peut découvrir beaucoup de soucis et d’inquiétudes …oui : « vivre c’est avoir des problèmes, bien vivre c’est de trouver les bonnes solutions »

J’ai découvert l’image de moi même vue par les autres puisque les autres sont notre miroir, j’ai découvert mon propre langage tout à fait distinct des autres et j’ai découvert également qu’un problème peut avoir plusieurs facettes que chaque personne puisse voir différemment.


Etant psychologue, cette approche m’a appris à humaniser toutes mes orientations théoriques et toutes mes approches thérapeutiques et de combiner l’approche centrée su la personne avec les autres méthodes comme les thérapies cognitives, la relaxation, la PNL…que je vais adopter dans ma carrière de psychothérapeute, puisque maintenant je suis convaincue que la psychothérapie ne marchera jamais si l’on ne prête pas attention à l’importance du ressenti personnel.


Je suis convaincue enfin qu’être un expert consiste à renoncer à se comporter comme un expert même si le client le souhaite éventuellement, de s’interdire de résoudre des difficultés à l’aide de techniques particulières, sinon de se positionner face au client en tant que personne, parce que celui qui s’engage dans une relation centrée sur la personne avec son partenaire, offre à l’autre la possibilité de repérer le moment productif permettant d’être attentif à soi-même.

Auparavant j’étais littéralement convaincue que je ne pourrais aider l’autre, je ne me sentais pas suffisamment en sécurité lorsque j’intervenais en tant que psychologue croyant que je ne possède pas un langage assez professionnel qui me permet de gérer les situations problèmes adéquatement et trouver les bonnes solutions, mais maintenant je considère que le fait de ne pas avoir un langage professionnel incompréhensible et mystérieux n’est pas une faiblesse au contraire je le vois comme une force car le langage issu de la compréhension empathique, de l’acceptation inconditionnelle et du non jugement suffit pour aider l’autre à accéder à la maturation, et je pense que c’est la clé indispensable pour la réussite d’un psychologue quel que soit son orientation théorique.


En tant que future enseignante il me semble que je suis capable d’accueillir et d’accepter les étudiants avec chaleur, de leur témoigner une estime inconditionnelle et de partager avec compréhension et sincérité les sentiments de crainte, d’attentes et de découragement qu’ils éprouvent lors de leur premier contact avec de nouveaux matériaux.

J’ai acquis non seulement une approche thérapeutique mais une philosophie de la vie.



Conclusion


En guise de conclusion, cette expérience m’a apporté beaucoup entre autre elle m’a permis de me convaincre de certaines philosophies que j’ignorais au paravant en l’occurrence celle de Aldous HUXLEY:

"L'expérience n'est pas ce qui nous arrive. C'est ce que nous faisons de ce qui nous arrive".

En fait l’expérience humaine est tout ce que l’individu ressent face à un événement et ce ne sont pas les événements eux mêmes qui créent l’expérience; pour ROGERS, il s’agit de ce qui se passe à l’intérieur de l’organisme et peut devenir conscient, seul l’individu peut nous dire ce qui se passe car on peut exécuter plusieurs fois le même geste mais l’expérience qui en découle ne sera jamais vécue de la même manière.

Ainsi l’intervention humanitaire porte davantage attention à l’expérience du client et les évènements externes sont significatifs dans la mesure où ils ont un sens dans l’expérience du sujet. Pour connaître réellement la personne, les cliniciens doivent être en mesure de comprendre l’expérience que les personnes font de leur environnement. La nécessité de comprendre profondément le point de vue du client est la raison majeure pour laquelle les humanistes mettent tant d’emphase sur l’empathie.

Les objectifs du développement de la personne sont d’amener les clients à être ouverts à leurs expériences, à reconnaître qu’ils sont responsables d'eux-mêmes et qu’ils sont, de ce fait, sensés prendre leurs propres décisions et à utiliser leurs compétences afin d’actualiser leurs choix. Les clients sont donc invités à faire confiance en leurs propres capacités pour assumer la responsabilité vis-à-vis des différentes dimensions de leur vie.

Un autre facteur majeur dans l’approche humaniste est d’accorder de l’importance aux sentiments et aux émotions, car ceux-ci affectent le processus de croissance et les comportements qui y sont associés. Dans cette optique, les humanistes croient qu’il ne peut y avoir de croissance ou de changement tant que le client n’expérimente pas en profondeur ses sentiments dans un cadre sécuritaire, en étroite relation avec un thérapeute en qui il a confiance.

03 September 2007

Approche cognitivo-comportementale: Généralités

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..........En pratique, les psychothérapeutes mélangent les approches comportementales et cognitives dans un même projet thérapeutique dans le but d'améliorer l'efficacité, ce qui fait qu'on parle généralement de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour désigner cette approche thérapeutique. Cette appellation reflète la pratique la plus fréquente.

La diffusion des TCC se fonde sur 3 facteurs : sa simplicité , l'appui sur l'empirisme (pour tester la validité de ses modèles et l'efficacité de ses traitements) et son utilité clinique.

La thérapie cognitive est centrée sur les "cognitions", c'est-à-dire les idées qu'un individu se fait à propos de lui-même, de son passé et son avenir. les interprétation que fait un individu à propos de ce qu'il en train de vivre peuvent en effet largement déterminer son état émotionnel et son comportement.
Les thérapies cognitivo-comportementales reposent sur le postulat selon lequel le changement des croyances et des pensées peut modifier les émotions et les comportements inadaptés dont souffrait le sujet

Définition :

La thérapie cognitivo-comportementale peut définie comme une approche :
1-structurée et directive: thérapeute et patient suivent un agenda définit au début de la thérapie.
2- brève et limitée dans le temps: elle se déroule sur 10 à 25 séances avec éventuellement des rappels, mais peut également être plus longue lorsqu'il s'agit de traiter des problèmes graves.
3- centrée sur les problèmes actuels et comment faire face aux difficultés quotidiennes.
4- basée sur un modèle éducationnelle: le patient joue un rôle actif dans l'exploration des facteurs psychologiques affectant sa situation et dans l'apprentissage de moyens permettant de faire face aux difficultés.
5- elle se fonde sur le modèle cognitif des troubles émotionnels : Les conceptions cognitives et comportementales impliquent un déterminisme réciproque des émotions, des cognitions et des comportements, en relation avec l’environnement. "Ce n'est pas le monde extérieur qui est la cause de nos émotions et de notre humeur, mais seulement la représentation que l'on en a et les pensées qui nous traversent l'esprit".
6-Collaborative: elle privilégie la collaboration entre la personne et le thérapeute au lieu d'adopter un style didactique, interprétatif ou de confrontation.
7-influencée par la philosophie stoïque (الفلسفة الرِِِِِواقية ); Le stoïcisme préfigure l'idée maîtresse de la thérapie cognitive selon laquelle nos émotions sont le fruit de nos pensées.
8-La relation thérapeutique, autrement dit l'alliance thérapeutique est une condition nécessaire mais non suffisante pour la réussite de la thérapie.
9-elle emploie la méthode socratique : le psychologue cognitif utilise le plus souvent possible le questionnement pour semer le doute thérapeutique dans les croyances rigides d'un sujet : contradictions entre les prémices erronées et des conclusions.
10- basée sur le modèle éducationnel: En situation clinique, un comportement inadapté a été appris dans certaines situations, puis maintenu par les contingences de l’environnement. La thérapie visera donc, par un nouvel apprentissage, à remplacer le comportement inadapté par celui que souhaite le patient.
11-les devoirs (homework; les taches que le patient doit faire chez lui) est l'un des éléments essentiels de la TCC.


Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) représentent l’application
de la psychologie scientifique à la pratique clinique.
Ces thérapies ont été fondées dans un premier temps sur les théories de
l’apprentissage : conditionnement classique, conditionnement opérant et
théorie de l’apprentissage social. Puis elles ont également pris pour référence
les modèles cognitifs fondés sur l'étude du traitement de l’information: processus de pensée conscients et inconscients : les processus contrôlés et les processus automatiques.

Les processus cognitifs contrôlés sont conscients, lents, requièrent à la fois
effort et attention et sont faciles à modifier. Ils correspondent à la pensée
logique, et aboutissent au décentrement par rapport à soi.

Les processus cognitifs automatiques sont inconscients, rapides, sans effort,
ne requièrent que peu ou pas d’attention et sont difficiles à modifier. Ils
correspondent aux schémas et aboutissent aux pensées automatiques .

Pensées automatiques

Les pensées automatiques sont des interprétations des expériences vécues. Elles sont les paroles spontanées que l'on se dit à soi-même sur ce que l'on vit. Ce sont des pensées observables, que l'on peut saisir au vol mais qui passent souvent inaperçues. Les pensées automatiques sont déterminées par des "schémas cognitifs" construits tôt dans la vie, qui fonctionne comme des "lunettes de soleil" à travers lesquelles sont filtrées les impressions et les expériences de l'individu. Il arrive que ces "lunettes" provoquent des "distorsions cognitives", c'est-à-dire des interprétations erronées des situations qui maintiennent une souffrance.

Schémas cognitifs

Beck et ses successeurs désignent par ce concept des connaissances élaborées à partir de l'expérience, qui constituent des croyances de base concernant des aspects importants de l'adaptation (ex.: "le monde est relativement sécuritaire", "je ne peux faire confiance en personne", "je suis talentueux", "je ne peux me débrouiller seul"). Les schémas cognitifs guident l'interprétation des nouvelles situations, interprétations qui sont souvent accessibles par l'observation des pensées automatiques, et ils sont responsables de l'activation d'état motivationnels, émotionnels et de réponses comportementales.
Les schémas cognitifs se manifestent par des distorsions cognitives et des biais spécifiques à chacun des grands types psychopathologiques; chaque trouble psychopathologique résulte d’interprétations inadaptées concernant soi-même, l’environnement actuel et le futur. Il existe donc des schémas spécifiques : Le troubles cliniques se distingue par des croyances spécifiques (contenu ou produits cognitifs) et par des stratégies spécifiques de traitement de l'information (processus cognitifs)

Les différentes catégories des schémas
-l'amour: "Je ne suis rien sans amour"
-L'autonomie:"je dois pouvoir me débrouiller seul .être aider est signe de faiblesse "
-la performance " je dois réussir tout ce que je fais"
-l'approbation :"il ne faut pas que je déçoive les autres"
-La vigilance : "
je dois être attentif à tout ce qui se passe autour de moi, le danger est partout"

Les schémas sont le plus souvent implicites mais leurs productions (images et pensées automatiques) sont accessibles à la conscience; Ce qui permet de les identifier, de les spécifier et de les modifier

Les distorsions cognitives.

Les cognitions étant par nature plus ou moins subjectives, elles peuvent conduire le sujet à une vision approximative, déformée, voire totalement inexacte du monde. "Rien ne s'améliorera jamais", "Les gens sont égoïstes".

Liste des distorsions cognitives :

Beck (1967) dans son travail avec les sujets dépressifs a rassemblé les multiples distorsions cognitives en six thèmes systématiques : l'inférence arbitraire, l'abstraction sélective, la surgénéralisation, la maximalisation et la minimalisation, la personnalisation et la pensée dichotomique.

Burns (1980) a renommé et a développé la liste de Beck, à présent elle contient 10 thèmes : la surgénéralisation, principe du tout ou rien, Les conclusions hâtives, le filtre mental, le raisonnement émotionnel, la magnification, la disqualification du positif, la personnalisation, l'étiquetage, shouldisme et blâme.

A ces distorsions cognitives Freeman et De Wolf (1992) et Freeman et Oster (1999), ont ajouté: la comparaison, le perfectionnisme, valeur personnelle «self-worth » et l'externalisation.

Voici les 10 pensées dysfonctionnelles les plus répandues (liste d'après A. Beck & D. Burns) :

1- L'abstraction sélective : On se centre sur un détail, hors du contexte, en occultant des faits plus importants et en lui ôtant sa signification réelle. C'est un filtre mental qui ne laisse percevoir que le côté négatif des choses.

Ex1 : Une personne passe une soirée avec des gens agréables et intéressants, elle s'amuse, elle danse, et là quelqu'un renverse du café sur sa chemise. A cause de cet incident, elle en conclut que :"la soirée est totalement gâchée".
Ex2: "ma femme ne m'aime plus", parce qu'elle est sortie seule alors qu'elle partage la majorité de son temps avec lui.
Ex3 : un joueur de tennis gagne lors d'une rencontre sportive, mais au lieu de s'en réjouir, il passe plusieurs jours à ressasser les erreurs qu'il a commises pendant le match et à s'en faire le reproche.

2- Les conclusions hâtives (ou principe de l'inférence arbitraire) : l'inférence arbitraire consiste à tirer des conclusions sans preuve suffisantes, sans tenir compte des faits; on imagine des scénarios noirs sans preuve et on y porte crédit.
On peut en distinguer 2 sortes :

2-a : Les lectures des pensées d'autrui : l'individu pense savoir ce que pense les autres sur lui-même en se fiant à de maigres indices.
Ex: "Je lui ai laissé un message mais il ne m'a pas rappelé, il ne me considère plus comme son ami.", "ils me prennent pour un imbécile" , :"mon prof ne m'a pas regardé, il pense que je suis incompétente"

2-b : Les erreurs de voyance : Faire des prédictions pessimistes et les considérer comme vraies.
Ex. :"Ce va mal se passer", "Je vais devenir folle.", je suis incurable.", "Je vais rester seul toute ma vie."

3- La personnalisation : ramener les événements à soi; se sentir responsables des situations, réactions et événements négatifs des autres.

Ex
:"Si le projet m'aboutit pas ce sera de ma faute"
"Si mon fils ne travaille pas à l'école, c'est parce que je suis une mauvaise mère.", "tout ce qui arrive est de ma faute.".
La personnalisation est l'erreur consistant à penser pouvoir gérer la vie des autres (alors qu'on ne peut que l'influencer).

4- Exagération (dramatisation) et minimalisation : tendance à surestimer les échecs, à sous estimer les réussites.

Exemple d'exagération : "J'ai fait une erreur au travail, tout le monde va le savoir et je serai complètement ridicule aux yeux de tous." ;
Exemple de minimalisation :
"J'ai trouvé la solution au problème, mais tout le monde pouvait le faire"

5-La pensée dichotomique (principe du tout ou rien). C'est le fait de penser que si une chose n'est pas exactement comme nous le souhaitons, alors il s'agit d'un échec. Il s'agit d'une perte totale des nuances.

Ex. :
" on existe que quand on gagne","Si je n'ai pas 20 sur 20 à cet examen, c'est que je suis nul".

6- La surgénéralisation : la surgénéralisation est l'extraction d'une règle à partir d'un événement puis son application à des événements qui ne sont pas semblables;

Ex : après le divorce de ses parents elle dit: "tous les hommes sont des …". Avec la surgénéralisation, un seul événement négatif peut influer tout le comportement à venir d'une personne qui se voit alors vouée à l'échec.
On peut distinguer 2 grands types de surgénéralisation

6-a : La surgénéralisation verticale : un échec dans un domaine à un moment donné, et c'est tout le domaine en question (passé, présent et avenir) qui est perçu comme un échec et perdu d'avance.

Ex :
"Elle ne veut pas sortir avec moi. J'ai toujours tout raté en amour, je serai seul et malheureux toute ma vie".

6-b : La surgénéralisation horizontale : c'est le fait de lier entre eux des problèmes différents, là où ça n'a pas lieux d'être. Un échec dans un domaine va amener la personne à voir des échecs dans tous les domaines.

Ex :
"J'ai été licencié de mon entreprise, ce n'est pas étonnant, je rate tout ce que je fais dans la vie".

7- Le raisonnement émotionnel : C'est se servir de ses sentiments comme si c'étaient des preuves.

Ex :
"Je me sens désespéré, donc mes problèmes doivent être impossibles à résoudre.", "Je ne me sens pas de taille à affronter une situation, donc je suis un looser.", "Si je me sens dégoûté de ce monde, c'est parce qu'il n'a rien à m'offrir", "Si je suis angoissé tout le temps, c'est bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas".

8- La disqualification du positif : on transforme une expérience neutre ou positive en expérience négative.

Ex. : On me fait un compliment, j'en déduis que "Tout le monde sait que c'est faux, on me dit ça juste pour me faire plaisir", "Le soutien des gens qui m'aiment ne compte pas. Ils ne connaissent pas ma vraie nature". C'est une sorte d'alchimie inversée où l'on transforme de l'or en plomb.

9- L'étiquetage : ce sont des jugements définitifs et émotionnellement chargés que l'on porte sur les autres ou sur soi-même.

Ex : Dire "Je suis complètement nul" au lieu de dire "J'ai fait une erreur",
"
On voit la valeur d'un homme aux fautes qu'il commet.", "Cette personne est un monstre."

10- Les fausses obligations (musturbation) : Se fixer arbitrairement des buts à atteindre (je dois, je devrais…).


Ex : "Je dois absolument faire le ménage chez moi.". Résultats : si l'on n'atteint pas ses objectifs, on se sent coupable. On peut également appliquer cette règle pour les autres (on me doit…) : "Après tout ce que j'ai fait pour lui, il pourrait au moins être reconnaissant." Cela conduit à un sentiment d'amertume, de ressentiment, et à l'idée que l'on est la seule personne à se conduire convenablement.


Les thérapies cognitives vont essayer de favoriser les processus contrôlés par
rapport aux processus de traitement automatique de l’information par les
schémas perturbés.

Objectif :
La thérapie cognitive a pour but de remettre en question la vision du monde du sujet (pensées, schémas de représentation) afin de construire une lecture du réel plus adaptée, et les techniques comportementales ont pour but d’exposer graduellement au stimulus afin de créer un phénomène de désensibilisation et d’habituation.
Le patient donc:
-doit prendre conscience de ses pensées automatiques inadaptées
-identifier le rapport entre ses pensées, ses émotions et son comportement
-apprendre à questionner ses pensées automatiques et à examiner leur validité
-substituer des interprétations alternatives plus réalistes à ses pensées
-identifier et modifier ses schémas émotionnels sous-jacents

Déroulement d'une thérapie

Les thérapies comportementales et cognitives comprennent 4 phases typiques :

1-Analyse fonctionnelle :

il s'agit d'étudier, de préciser le problème à résoudre et d'en comprendre le contexte (les conditions de maintien et de déclenchement des comportements) et l'histoire. Il s'agit d'une analyse qualitative et quantitative
Elle s'appuie sur plusieurs éléments : auto-enregistrement, échelles d'auto-évaluation, évaluations externes.
L'analyse fonctionnelle ne s'arrête pas aux aspects superficiels, mais cherche à isoler le ou les problèmes clés, dont la solution modifiera de façon durable et importante le comportement.
Le thérapeute étudiera également les pensées, Les croyances, les images mentales,
… qui vont accompagner les comportements problèmes. Enfin il met l’accent sur les comportements observables que sont les comportement moteurs et verbaux.



Pour mieux étudier et définir le plus précisément possible le ou les comportements problèmes, différents modèles d’analyse fonctionnelle ont été proposés.

- LE SCHEMA SORC (STIMULUS ORGANISME REPONSE CONSEQUENCES)

Les informations recueillies lors de l’entretien vont permettre au thérapeute de réaliser un diagramme avec des flèches d’interaction entre les différents éléments que sont le stimulus, l’organisme, les réponses et les conséquences, appliqués à la
situation problème décrite par le patient. Le thérapeute s’aidera pour réaliser ce schéma de plusieurs questions concernant le comportement problème du patient (depuis quand, où, quand, comment…).

- MODELE « BASIC IDEA »



Ce modèle, très utilisé en TCC a été conçu en 1976 par Lazarus et complété par Cottraux en 1985.
Les initiales signifient :
· B (Behaviour)= comportement
· A (Affect)= affects accompagnant ce comportement
· S (Sensation) = sensations physiques accompagnant le comportement
· I (Imagery)= Imagerie mentale
· C (Cognition)= cognitions, pensées ou croyances concernant son comportement
· I (Interpersonnal)= relations interpersonnelles en connexion avec le comportement problème
· D (Drugs)= les drogues et médicaments utilisés
· E (Expectation)= attentes du patient concernant le thérapeute ou la thérapie
· A (Attent)= attitude (positive, neutre ou négative) du thérapeute vis à vis du patient

- GRILLE SECCA



Cette grille a été proposée par Cottraux et coll en 1985.
Elle précise les interactions entre divers éléments :
S : stimulus ; E : émotion ; C : cognition ; C : comportement ; A : anticipation
Cette grille comprend deux parties :
une partie synchronique (actuelle), qui va permettre d’analyser une séquence comportementale : stimulus, émotion, cognition, comportement, anticipation et leur relations avec l’entourage social, une partie diachronique (historique) qui permet de structurer l’histoire du patient.

- AUTRE MODELES




D’autres modèles moins utilisés ont été également proposés (modèle de Fontaine et Yllief (1981) et modèle de Kanfer et Saslow (1969)).




2-Définition d'un objectif au traitement

Il s'agit avant tout d'un contrat thérapeutique entre thérapeutes et patients, déterminant les objectifs (définir en termes pratiques et concrets les problèmes cibles) et les moyens (principes et techniques thérapeutiques) du traitement.

3-Mise en œuvre d'un programme de traitement

L'application du programme consiste simplement à suivre le programme, étape par étape. On ne revient pas en arrière mais une étape peut, occasionnellement, demander un peu plus de temps, cette étape va développer chez le patient la capacité d'auto-contrôle et donc la généralisation des changements appris à l'extérieur de la situation thérapeutiques.

4-Évaluation des résultats du traitement

Le thérapeute et le patient évaluent le résultat de la thérapie en comparant les mesures répétées qui sont effectuées avant, durant, et après le traitement. la dernière évaluation renseignera sur l'efficacité thérapeutique .
Il n'est pas impossible de considérer une nouvelle thérapie suite à cette évaluation, si de nouveaux objectifs sont envisagés


Techniques et indications de la TCC

Les techniques utilisées par les thérapeutes cognitifs interviennent à trois niveaux : comportemental, cognitif et émotionnel.
Le thérapeute peut utiliser de nombreuses techniques qu’il choisira en fonction
du patient et des résultats publiés pour des troubles similaire :

*Exposition : Phobies, problèmes sexuels, stress post-traumatique, Trouble obsessionnel compulsif.

*Jeux de rôles, affirmation de soi, développement des « habiletés ou compétences sociales » : Phobie sociale, dépression, réhabilitation des états psychotiques

*Restructuration cognitive, discussion socratique, modification des pensées automatiques, modification des postulats et des schémas, résolution de problèmes : Dépression, phobies, obsessions, psychoses, trouble de la personnalité.

Un autre domaine en développement est la médecine comportementale qui vise à instaurer et à maintenir des comportements favorables à la santé : gestion du stress, réduction des comportements tabagiques et alcooliques, amélioration de l’observance médicamenteuse et prévention. Par le biais de la relaxation et du biofeedback, la médecine comportementale s’intéresse aussi à d’autres pathologies :: céphalées de tension, tics, douleurs chroniques…

Conclusion

Le fait que les TCC aient, dès leurs débuts, mis l’accent sur la validation scientifique des pratiques a permis le développement d’une culture de l’évaluation et la recherche des preuves d’efficacité. Ceci explique le nombre important des recherches contrôlées dans tous les domaines de la psychopathologie qui ont été conduites des années 1960 à nos jours sur l’efficacité et le processus des TCC.

References:

- Arthur Freeman. (2005), Encyclopedia of Cognitive Behavior Therapy.USA, Springer
-Cottraux J. (1990), Les thérapies comportementales et cognitives. Paris, Masson.
-DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. (1996) Traduction française, Paris, Masson, 1056p.
-Internet…


05 August 2007

Clinical health psychology and the practice of CBT


Barbara A. Golden and
Stephanie H. Felgoise


.........Cognitive–behavioral theories and principles offer a natural
fit for the practice of psychology as it interfaces with
medicine. Cognitive–behavioral therapy (CBT) is widely
accepted as the therapeutic modality of choice for working
with medical patients for promotion of health and wellbeing,
prevention, assessment, and treatment of illness.

DEFINITIONS

“Clinical health psychology” is the discipline of
psychology that, perhaps, best represents psychologists’
contributions to the field of behavioral medicine. The
American Psychological Association formally recognized
the specialty of clinical health psychology within the
practice of professional psychology by recording the
following definition in 1997:

Clinical Health Psychology applies scientific knowledge of
the interrelationships among behavioral, emotional, cognitive,
social and biological components in health and disease
to the promotion and maintenance of health; the prevention,
treatment and rehabilitation of illness and disability; and the
improvement of the health care system. The distinct focus of
Clinical Health Psychology is on physical health problems.
The specialty is dedicated to the development of knowledge
regarding the interface between behavior and health, and to
the delivery of high quality services based on that knowledge
to individuals, families and health care systems.

Theoretically, clinical health psychologists could ascribe to
any theoretical orientation; however, cognitive–behavioral
theories, principles, and therapy-outcome research have
been most represented in the behavioral medicine literature
when prescriptive interventions have been offered. The
clinical applications in this article are limited to CBT and
clinical health psychology.

In addition to its roots in psychology, clinical health
psychology has its place among other social sciences.

Biological, cognitive, affective, social and psychological
bases of health and disease are bodies of knowledge that,
when integrated with the knowledge of biological, cognitive–
affective, social and psychological bases of behavior,
constitute the distinctive knowledge base of Clinical Health
Psychology. This includes a broad understanding of biology,
pharmacology, anatomy, human physiology and pathophysiology,
and psychoneuroimmunology. Clinical health psychologists
also have knowledge of how learning, memory,
perception, cognition, and motivation influence health
behaviors, are affected by physical illness/injury/disability,
and can affect response to illness/injury/disability. Knowledge
of the impact of social support, culture, physician–
patient relationships, health policy and the organization of
health care delivery systems on health and help-seeking is
also fundamental as is knowledge of diversity and minority
health issues, individual differences in coping, emotional
and behavioral risk factors for disease/injury/disability
human development issues in health and illness, and the
impact of psychopathology on disease, injury, disability and
treatment. (APA, 1997)



PRACTICE OF CLINICAL HEALTH PSYCHOLOGY

The clinical health psychologist may be called on to
deal with many problems in research and practice: psychological
factors secondary to a disease/illness or injury,
somatic presentations of a psychological problem, psychophysiological
disorders, psychological and behavioral
aspects of medical procedures, behavioral risk factors for
disease/illness/injury.
Growing attention has been paid to the influence of
health behaviors, which may prevent or exacerbate chronic
illness. Advances in the physiology of stress and its role in
the development of physical disorders combined with
behavioral change have influenced our management of
chronic illness. Research demonstrating the preoperative
psychological state (anxiety, depression, coping styles)
influencing the postoperative outcomes of surgery encouraged
the use of brief, structured psychosocial interventions
for surgery patients. All of this evidence points to the imperative
need to assess and treat patients with medical illness
from a biopsychosocial perspective.


BIOPSYCHOSOCIAL MODEL

The biopsychosocial model of health and illness
reflects a mind–body relationship that has reemerged in the
last 25 years as a more integrated approach. The biomedical
model has been criticized due to its simplicity and reduction
of all medical conditions to single etiology. It fails to accommodate
the increasing role of psychological and social
factors as major sources of morbidity and mortality. Engel
(1977) suggested that a biopsychosocial view is more appropriate.
The biopsychosocial model suggests:
● All illness affects people on multiple levels
(biological, emotional, cognitive, interpersonal, and
environmental).
● These different levels interact with each other to produce
a clinical outcome.
● Multiple factors influence reporting of symptoms
(e.g., health beliefs, access to health care, reactions
of physicians/family).
● Somatic expressions of psychological distress are
normal.


ASSESSMENT AND TREATMENT

Assessment


An effective intervention for a patient must begin with a
biopsychosocial assessment, and is recommended to be multimodal
and multimethod in format. Belar and Deardorff
(1995) propose targets of assessment by four domains of
information (biological, affective, cognitive, and behavioral)
and four units of assessment (patient, family, health care
system, and sociocultural context). This model for clinical
services has been combined with a model related to psychological
services in health care developed by the APA
Workgroup on the Expanding Role of Psychology in
Healthcare (1998) to provide a range of clinical services on
several different levels with a wide range of health problems.

The clinical health psychologist should try to understand
the patient’s current status, change since onset of the
illness, and patient’s history. The assessment should include
identification of problem areas and also consider assets and
resources of the patient and the environment. This same
model can be used in consideration of behavior change for
improvement of quality of life, prevention of illness, and
promotion of well-being.

Basic demographics of the patient and the patient’s
illness or condition should be the first point of information.
The physiological symptoms, risk factors, history and prognosis,
and treatment procedures are evaluated in consideration
of biological targets. The patient’s affective targets include
assessment of the patient’s current mood, and information
about the patient’s feelings about the illness, treatment,
health care, and support network among other information.
The influence of the patient’s cognitive functioning including
general intelligence, knowledge, attitudes, perceived
threat, and control of the illness are a critical part of the
assessment. Evaluation of health beliefs, religious values
and spirituality, and cultural norms is critical for optimal
patient care.

Assessment of behavioral targets such as the patient’s
functional abilities, self-care, and occupational and recreational
functioning are critical to the comprehensive evaluation.
Attention to other behavioral targets is warranted
regarding the patient’s current and past health habits and
health care utilization, compliance behaviors, and potential
behavioral obstacles to successful treatment.

Often overlooked in the traditional medical assessments,
the clinical health psychologist should assess the
environment of the patient: family, health care system, and
sociocultural environment. For example, what are the family
economic resources, how does the family feel about the
patient’s illness, what are the perceptions and/or attitudes of
the family, and has the family made any changes in their
behavior as a result of the illness?

Evaluation of the patient’s environment necessitates the
following inquiries. What are the patient’s relationships with
the health care team? The setting of the health care provider
and the interventions being considered should be examined
and explained. How do members of the team feel about the
patient and the patient’s illness? Do the health care providers
have an understanding and experience in the treatment of the
illness? Do the behaviors of the health care system encourage
easy access? In addition, sociocultural variables that
may affect treatment and care include the work schedule
flexibility, and social and financial resources.


Treatment and Intervention

Clinical health psychologists have a full range of therapeutic
interventions available, but the medical setting can
be challenging. The range of medical and psychological
problems seen in health care requires training as a generalist
with the ability to investigate and problem-solve in an
interdisciplinary nature. Psychologists use individual therapy
as a common intervention, but in addition, family therapy,
group therapy, and interventions for the health care
team are often used in the medical setting. All interventions
should follow the biopsychosocial targets of the concerns
reviewed during the assessment. The use of CBT is widespread
in health care settings including strategies to reduce
the risk of developing an illness, improving illness
outcomes, and improving quality of life and the emotional
health of patients.

Behavioral interventions to modify risk factors such as
smoking, obesity, and risky sexual behaviors are recommended
as good practice in medical settings. Variables such
as personality, stress, negative emotions, and impaired social
systems are important factors to consider with the risk of
developing an illness. CBT has shown improvement for
physical inactivity (Dubbert, 2002), smoking cessation
(Compas, Haaga, Keefe, Leitenberg, & Williams, 1998), and
HIV risk behaviors (Kelly & Kalichman, 2002; NIH, 1997).

Improving illness outcomes includes targeting behaviors
and psychosocial variables that improve adherence to
medical interventions, helping patients to adopt lifestyles
to medical regimens, reduction of stress, and enhancement
of social support. Research supports a multicomponent CBT
intervention for coronary heart disease with reduction of
recurrent cardiac events compared with usual care (Ornish
et al., 1998). Cognitive–behavioral stress management
(CBSM) including illness education, relaxation, cognitive
restructuring, and provision of social support offers promising
results. Brief CBT has been effective in the reduction
of depression for patients in medical settings (Coyne,
Thompson, Klinkman, & Nease, 2002; Lustman, Griffith,
Kissel, & Clouse, 1998).

Increasing functioning and improving overall quality
of life includes improvement of emotional, social, occupational,
and financial wellness of patients and families. CBT
has been used to manage symptoms; for example, the reduction
of pain and nausea in cancer patients (Compas et al.,
1998), the treatment of migraine and tension headaches
(Holroyd, 2002), and multicomponent CBT (i.e., relaxation,
cognitive restructuring, coping skills training, and goal setting)
are effective for improving pain, physical activity, and
psychological distress for patients with arthritis (Compas
et al., 1998; Keefe et al., 2002). CBSM seems to enhance
emotional functioning, coping abilities, and/or quality of
life for patients with HIV and the effects of depression were
mediated by increased cognitive coping and social support
in a sample of HIV-positive gay men (Lutgendorf et al.,
1998). Problem-solving therapy has also been empirically
shown to improve quality of life, reduce distress, increase
sense of control (Nezu, Nezu, Felgoise, & McClure, 2003),
and decrease caregiver burden (Elliott & Rivera, 2003) for a
variety of medical populations (see D’Zurilla & Nezu, 1999,
for a review).

FUTURE DIRECTIONS

Given that CBT originated within the unitary discipline
of psychology, criticisms regarding practice and theory
suggest psychologists have much work yet to be done to
help bridge the gaps between this discipline and others.
Future directions for the field of clinical health psychology
include increasing other health professionals’ awareness of
the need to address psychological factors associated with
chronic illnesses, continuing research in areas of prevention,
consultation, behavioral modification, and clinical treatment,
and expanding patient-, setting-, and communityfocused
multidisciplinary research and practice. Lastly, with
continuing change and rising costs in the health care system,
clinical health psychologists are challenged to further support
and defend the cost-effectiveness of empirically supported
psychological treatment for medical illnesses,
enhancement of emotional well-being, and improved quality
of life.



.... Encyclopedia of Cognitive Behavior Therapy,

Arthur Freeman, Springer, 2005

08 April 2007

Introduction à la démarche émotivo-rationnelle




Introduction à la demarche
Émotivo rationnelle




Introduction

Mise au point par Albert Ellis en 1955, la démarche émotivo-rationnelle (PER) est devenue l'une des écoles de psychothérapie la plus complète et la plus populaire jamais pratiquée. Alors qu'il pratiquait la psychanalyse, Ellis s'était déjà rendu compte que, bien que ses clients profitaient de leur thérapie, leurs progrès ne pouvaient être attribués au fait qu'ils revivaient des événements de leur passé, qu'ils devenaient conscients de leurs motivations inconscientes, qu'ils se mettaient en contact avec leurs émotions ou qu'ils analysaient la relation transférentielle.
En plus d'être désappointé des théories thérapeutiques de l'époque, Ellis découvrit qu'il pouvait aider ses clients à se défaire de leurs problèmes par des méthodes plus directes et plus efficaces en termes de temps et d'argent. Plutôt que de ne faire qu'écouter passivement les associations libres de ses clients, Ellis se mit à les aider à confronter activement et à remettre en question leurs croyances irrationnelles et à passer aux actes contre elles. C'est ainsi que la PER devint une théorie et une pratique d'orientation cognitive et comportementale, insistant sur une intervention active, directive et systématique dans le moment présent.



Les émotions et les comportements des clients changeaient plutôt à cause de leurs nouvelles manières de penser.

La théorie émotivo-rationnelle
La PER se distingue des autres écoles thérapeutiques par l'importance qu'elle accorde au rôle des cognitions dans la création des troubles humains. Alors que d'autres thérapeutes se concentrent surtout sur les événements du passé, les processus inconscients ou l'influence de l'environnement, la PER se concentre sur les croyances, les attitudes et le langage intérieur présent des clients, affirmant que ces éléments causent et supportent leurs troubles émotifs et comportementaux. La PER ne néglige pas pour autant les facteurs biologiques, héréditaires et culturels comme influençant le fonctionnement des êtres humains mais insiste sur la capacité innée de ces humains de changer leur pensée pour arriver à vivre des vies heureuses et productives.

L'A.B.C. des émotions


Dans la vie quotidienne, les êtres humains rencontrent de nombreux stresseurs ainsi que de nombreux événements pénibles et difficiles. Citons parmi ceux-ci, l'écoulement du mariage, la perte d'un emploi, le rejet, les pressions du travail, le chômage, la mort d'un être cher, les échecs de tous genres. À ces événements sont souvent associées des réactions émotives puissamment négatives: dépression, colère, culpabilité, anxiété, gène. Bien qu'il demeure probable que les événements malheureux de la vie soient accompagnés de ces émotions négatives, ces événements ne causent pas nos réactions émotives.
Si donc des événements désagréables de la vie ne causent pas nos réactions émotives pénibles, d'où viennent-elles? On peut répondre à cette question en considérant l'A-B-C de la PER.
Selon cette théorie, les événements déplaisants de la vie constituent des occasions (A) et les émotions et comportements qui accompagnent ces événements sont dénommés effets (C). Alors que la plupart des gens affirment que ce sont les événements de leur vie courante ou de leur passé qui causent les émotions, la PER soutient que ce sont leurs pensées et leurs croyances à propos de ces événements qui causent directement leurs troubles émotifs.

A: Événement (occasion)
B: Croyances, attitudes, pensées
C: Effets émotifs et comportementaux


Vérifions l'assertion traditionnelle selon laquelle les événements de la vie du client causent des émotions. Pour ce faire, nous soumettrons l'hypothèse selon laquelle A cause C aux tests suivants:
Test 1:
Si c'est une loi de l'univers que tel événement cause telle émotion, on s'attendra à ce que cet événement cause cette émotion chez tous. Cependant, comme tout le monde le sait, des personnes différentes peuvent fort bien ressentir des émotions diverses dans des situations identiques. Comment, dès lors, expliquer que ces diverses personnes peuvent connaître des réactions émotives différentes à propos du même événement? Réponse: Parce que ces diverses personnes pensent de façon différente à cet événement. Puisque leurs émotions découlent de leurs pensées et croyances plutôt que de l'événement lui-même, ces personnes peuvent ressentir des émotions différentes à propos du même événement.
Supposons, par exemple, que nous examinions 100 parents d'enfants qui font usage de drogue. L'événement et le même pour tous ces parents. Le A est que leur enfant a un problème de drogue. Bien que l'événement soit le même, nous pouvons prédire plusieurs réactions émotives différentes:








A Événement : l'enfant utilise de la drogue
B Émotion : colère
C Émotion : dépression
C Émotion : sérénité



L'émotion vécue, que ce soit la colère, la dépression ou la sérénité ne découle pas de l'événement lui-même, mais plutôt de ce que chaque parent pense ou croit «B» à propos de l'usage de drogue par son enfant. Ainsi donc, A contribue à C mais ne le cause pas. C'est plutôt B qui cause C.
Si, en B, les parents pensent qu'ils sont de misérables parents et que c'est terrible que leur enfant fasse usage de drogue, il est probable qu'ils déprimeront. Cependant, s'ils pensent que cet usage de drogue est un défi à relever et un obstacle à franchir dans la vie de leur enfant, ils se montreront plus acceptants de leur enfant et plus prêts à utiliser les démarches constructives pour l'aider. Ainsi donc, leur émotion (C) découle de leurs croyances (B) à propos du problème de leur enfant (A).


Test 2:

Le rapport entre les idées et les émotions est aussi éclairci quand on retrace les émotions d'une seule personne. Revenons à la situation des parents qui ont un enfant qui a un problème d'alcool ou de drogue. S'il est vrai que c'est le fait que leur enfant a un problème qui cause leur colère, par exemple, comment expliquer qu'à certains moments ces parent se sentent moins en colère ou même se sentent plus résignés et désireux d'aider leur enfant? Ces changements dans les émotions des parents (C) sont évidemment déterminés par ce qu'ils se disent à eux-mêmes (B) à propos du problème de leur enfant (A).



A : Événement (occasion): A : Problème de drogue
B : Croyance: B : «C'est terrible, il ne doit pas faire cela!»
C : Résultat émotif: C : Hostilité
B : Croyance: B : «C'est un obstacle à franchir.»
C : Résultat émotif: C : Tolérance, désir d'aider


Si le problème de l'enfant (A) causait directement les émotions des parents, ceux-ci ne pourraient pas s'empêcher de se sentir hostiles en tout temps. Ainsi donc, aussi longtemps que l'enfant aurait le problème, les parents se sentiraient hostiles. En fait, nous savons bien, qu'avec le temps, les parents changent leurs façons de penser à propos des problèmes de leurs enfants. Ils dédramatisent et finissent par accepter que leur enfant pourrait bien toujours avoir ce problème. Comme on le voit, même si l'occasion (A) ne change pas, les parents changent leurs émotions en changeant leur manière de penser à cette occasion.


Même si l'enfant règle son problème de drogue ou d'alcool, cela ne change pas le fait que le problème a déjà existé. Si le fait d'avoir un enfant qui a un problème de drogue causait directement une émotion quelconque, même la réhabilitation de l'enfant ne changerait pas les faits et, en conséquence, les parents se sentiraient perpétuellement émotivement troublés à cause du passé de leurs enfants et d'autres où ils en viennent à accepter le passé comme il est. La manière dont les parents se sentent est donc déterminée par la manière dont ils finissent par décider de considérer les problèmes de leurs enfants.

Les émotions

Les émotions sont positives ou négatives. Certaines sont agréables: joie, euphorie, et sont considérées comme positives; d'autres sont désagréables: dépression, anxiété, fureur, et sont considérées comme négatives. La PER tente de maximiser les émotions positives tout en minimisant les négatives. Comme nous l'avons dit précédemment, la PER est résolument hédoniste et se propose d'augmenter le plaisir à long terme tout en diminuant la souffrance inutile.

Même avec un objectif explicitement hédoniste, le PER tente d'aider les clients à ressentir des niveaux appropriés d'émotions, même si elles sont négatives. Elle ne combat pas les émotions mais seulement celles qui sont auto-destructrices.


Plutôt que de laisser une personne se sentir déprimée ou effondrée quand un événement malencontreux se produit, la PER tente de lui enseigner à penser d'une manière plus rationnelle et donc à ressentir une émotion plus appropriée comme la tristesse. Quoiqu'on ne s'attende pas à ce que le client se sente joyeux ou indifférent à propos d'un événement pénible, l'objectif consiste à l'aider à ressentir une émotion plus appropriée. Il ne s'agit pas d'aider le client à ne rien ressentir mais plutôt à ressentir des émotions appropriées.

L'analyse fonctionnelle


L'analyse fonctionnelle implique qu'on aide les clients à constater que leurs émotions négatives nuisent à l'atteinte de leurs objectifs à long terme. Son but consiste à les aider à s'engager dans le travail de transformation de leurs idées et croyances et donc de leurs émotions. Par exemple, un client en colère n'est souvent pas motivé à changer sa colère parce qu'il retire un bien-être temporaire de son agression envers les autres. Il exige que ce soient les événements de sa vie qui changent. Il s'agit de démontrer au client que sa colère l'empêche de fonctionner de façon efficace. Cette démonstration peut se faire en montrant au client que ses émotions inappropriées ne sont ordinairement pas agréables et que même quand elles le sont au moins partiellement, elles lui apportent plus de souffrance que de plaisir. Quand il finit par s'en rendre compte, le client consentira souvent à travailler à changer des émotions inappropriées.



Les clients consentiront aussi à changer leurs émotions si on les aide à constater qu'elles nuisent à l'atteinte de leurs objectifs. En fait, ceci n'est ordinairement pas très difficile pour l'intervenant puisqu'il peut utiliser de nombreux exemples qui démontrent que la présence d'émotions inappropriées nuit à la performance du client et éloigne de lui les autres personnes. La loi de Yerkes-Dodson illustre ce point clairement. Cette loi déclare qu'à mesure que le niveau émotif (C) s'élève, le niveau de performance s'élève aussi jusqu'au point où une augmentation supplémentaire vient nuire à la performance. Prenons l'exemple des examens. Si une personne a un niveau émotif trop bas, elle ne donnera pas un rendement optimal à l'examen. Mais, par ailleurs, si son niveau émotif est trop élevé, elle sera trop tendue pour arriver à un bon résultat. L'objectif consistera donc à amener le niveau émotif à un degré moyen. Par exemple, à ressentir de la préoccupation plutôt que de l'anxiété. Ce changement peut être obtenu par la modification de ce que la personne se dit à propos de l'examen.

Les croyances

Une croyance peut être, par exemple, une idée, une interprétation, une attitude, un langage intérieur ou une image. C'est la croyance qui détermine fondamentalement l'émotion. Les émotions inappropriées originent ordinairement de croyances irréalistes alors que les émotions appropriées sont causées par des idées réalistes.


Une croyance n'est pas un fait: c'est une hypothèse. Alors que les faits sont basés sur des données observables, les hypothèses demandent à être vérifiées et peuvent être mises en question. Toute pensée, en tant qu'elle constitue une hypothèse, est soumise à la méthode scientifique de vérification de l'hypothèse destinée à établir s'il existe des preuves empiriques de sa validité.


Dans la PER, les pensées et croyances qui génèrent des émotions et des actions avantageuses pour la personne et qui peuvent habituellement être l'objet d'une démonstration empirique sont considérées comme réalistes. Ces croyances expriment des désirs, des espoirs et des préférences et sont formulées de façon continuelle plutôt qu'absolue. Elles sont basées sur le réel et sont vérifiables. Les croyances irréalistes, en PER, sont formulées de façon absolue et ne sont pas confirmées par des données empiriques ou sont contredites par des faits connus. Le tableau suivant illustre quelques unes des différences entre les croyances réalistes et les croyances irréalistes.

Réalistes:

Démontrables et vérifiables.

Causent des émotions appropriées.

Causent des comportements efficaces et avantageux.


Habituellement logiques et cohérentes.

Causent habituellement des émotions agréables.

Irréalistes:

Indémontrables ou contredites par les faits.

Causent des émotions inappropriées.

Causent des comportements moins efficaces et avantageux.

Souvent illogiques et incohérentes.

Causent souvent des émotions désagréables.

Types de croyances irréalistes


Les croyances irréalistes contiennent plusieurs facteurs. On y retrouve:


-L'exigence

-La «catastrophisation»

-Une faible tolérance à la frustration

-L'évaluation de soi et des autres

-Les prédictions surgénéralisées concernant le futur


Selon la théorie de PER, la première croyance irréaliste, l'exigence amène souvent les quatre autres facteurs.



L'exigence
La première catégorie de croyances irréalistes consiste en des exigences absolues. Ces exigences se présentent sous les formes comme «il faut», «on doit», «j'ai besoin». Les exigences se présentent en termes absolus et rigides qui ne laissent pas de place à la fragilité humaine et nient l'existence. Les gens formulent ces exigences à propos d'eux-mêmes, du futur, de l'univers, de tout ce qui peut leur arriver. Ce faisant, ils prétendent s'ériger en maîtres du fonctionnement de l'univers.


Le thérapeute pratiquant la PER aide ses clients à se rendre compte que leurs exigences sont sans fondement, nuisibles et irréalistes. Le client apprend à formuler des désirs et à ne pas exiger que les choses soient différentes. Les désirs et les préférences sont rationnels et aident les gens à se fixer des objectifs dans leurs comportements.





La «catastrophisation»
Quand les clients interprètent les événements comme affreux, terribles, catastrophiques, ils exagèrent le caractère négatif de ces événements «affreux», ou «catastrophique» implique que l'événement ne pourrait pas être pire qu'il est, ce qui est évidemment faux. Tout peut être pire. «Affreux» ou «catastrophique» veut dire aussi «plus que mauvais», ce qui est évidemment impossible. Le client apprend à évaluer les événements plus rationnellement, comme mauvais ou très mauvais. Transformer un événement mauvais en un événement affreux amène un trouble émotif inapproprié et inutile.







La faible tolérance à la frustration
L'un des apports les plus originaux de la PER consiste dans son insistance sur la faible tolérance à la frustration (anxiété et dépression à propos de l'inconfort prévu). Les gens ont tendance à croire qu'ils ne peuvent pas supporter la douleur et la frustration. Inconsciemment, ils semblent penser:


«Je vais mourir»(ce qui est probablement faux)À«Je ne peux pas être heureux du tout si je suis frustré en partie» (ce qui est évidemment faux)









Ils peuvent sans aucun doute supporter la douleur et l'inconfort. Cela peut être pénible ou même très pénible, mais est-ce jamais trop pénible à supporter? Déclarer que les choses sont trop pénibles implique qu'il est impossible de s'en tirer, ce qui est carrément irréaliste.

L'évaluation de soi et des autres
La publicité répète que vous êtes une meilleure personne si vous portez telle marque de jeans. Est-ce bien vrai? Un savant pourrait déclarer que les gens les plus intelligents sont meilleurs. Est-ce bien vrai? Les athlètes vous diront que vous êtes une meilleure personne si vous pratiquez un sport ou si vous vous intéressez aux sports. Est-ce bien vrai? En somme, est-il vrai que votre valeur personnelle est à évaluer en fonction de vos actes, de vos habiletés, de vos caractéristiques? Bien sûr que non!



Cesser de s'évaluer eux-mêmes globalement est probablement la démarche la plus difficile à comprendre et à accomplir par les clients. Ils peuvent au moins comprendre que leur valeur comme personne n'est pas reliée à une évaluation de leurs comportements. Quand une personne apprend à distinguer sa valeur personnelle de celle de ses actes, elle s'accepte elle-même. Si la valeur personnelle d'un être humain était reliée à celle de ses actes, elle augmenterait et diminuerait selon ses succès et ses échecs, ce qui est une pensée absurde et destructrice.



Les prédictions surgénéralisées concernant le futur
Quand les gens exigent d'eux-mêmes des performances adéquates et l'approbation des autres et quand il n'arrivent pas à satisfaire ces exigences, ils arrivent souvent à la conclusion: «Je manquerai toujours mon coup, je n'arriverai jamais à obtenir l'approbation et l'affection des autres». C'est alors qu'ils se causent eux-mêmes un surplus d'anxiété et de dépression.



La solution des problèmes



On peut aborder les problèmes des clients de deux manières. La première consiste à offrir une solution pratique à un problème concret et la deuxième à surmonter les obstacles émotifs qui les empêchent de jouir de la vie et d'atteindre leurs objectifs.



Les solutions pratiques

Les solutions pratiques cherchent à aider les clients à modifier les événements (occasions) dans leurs vies. Cet objectif peut être atteint en leur enseignant des procédures spécifiques: solution de problème, gestion par objectifs, prise de décision, techniques de communication. En utilisant ces moyens, les clients peuvent essayer de changer certains éléments de leur vie. Ici ce présentent deux difficultés. D'abord, certains événements (occasions) ne sont pas modifiables et, deuxièmement, les émotions des clients peuvent les empêcher d'employer les nouveaux moyens pour changer les événements.
Leurs émotions inappropriées peuvent les empêcher d'utiliser efficacement les moyens qu'ils ont appris. Il vaut donc mieux chercher aussi et d'abord des solutions aux problèmes émotifs.

Les solutions émotives

Imaginons, par exemple, qu'un client a appris comment entrer en contact avec les autres lors d'une réunion sociale. Il a appris quoi dire, comment le dire et comment écouter. Cependant, s'il veut poser ces gestes avec efficacité, il vaudra mieux qu'il ait un contrôle au moins partiel de ses émotions. Comment sera-t-il accueilli s'il dit «ce qu'il faut» de façon très anxieuse et embarrassée? Il arrive aussi souvent que le client se déprime tellement qu'il n'envisage même pas de parler aux autres. Il se dit à lui-même: «Pourquoi même essayer, on ne m'aimera pas. Et si on ne m'aime pas, ça vaudra dire que je suis un bon à rien. Je ne pourrai pas le supporter». Même s'il a bien appris comment se comporter, le client peut ressentir de l'anxiété avant d'aborder un étranger lors d'une réunion sociale. S'il croit qu'il ne peut supporter aucune anxiété, il s'arrêtera aux premiers signes d'une anxiété même «normale». Il est évident que si ce client ne modifie pas ses idées irréalistes et ne contrôle pas mieux ses émotions malencontreuses, son apprentissage de techniques spécifiques ne lui donnera rien.
Faisons un pas de plus. Supposons que le client aborde, en fait, des personnes de l'autre sexe lors d'une réunion sociale. Supposons aussi qu'il a vraiment bien appris comment s'y prendre. Mais qu'arrivera-t-il si, pour quelque raison, il est quand même rejeté par ceux ou celles qu'il tente d'aborder? Qu'arrivera-t-il s'il n'arrive pas à modifier l'événement (occasion)? À moins de changer la manière dont il pense à propos du rejet, il se sentira vraisemblablement très anxieux et déprimé.

La solution émotive préconisée par le PER accorde donc une priorité à fournir au client pour qu'il en arrive à donner des idées et des attitudes plus réalistes, de telle sorte que ses émotions perturbées ne viennent pas nuire à sa mise en pratique de ses nouvelles habiletés et aussi de telle sorte qu'il ne se déprime pas inutilement s'il n'atteint pas le succès.

Lucien Auger, Ph. D., psychologue
Centre Interdisciplinaire de Montréal inc.





ASSOCIATION EMOTIVO-RATIONNELLE INTERNATIONNELLE













31 March 2007

La thérapie des schémas



cet article est un résumé de ce livre:
Jeffrey E. Young, Janet S. klosko et Marjorie E. Weishaar. (2006). La thérapie des schémas : Approche cognitive des troubles de la personnalité. DeBoeck Université


♣ La thérapie des schémas

.......Jeffrey Young a développé la thérapie des schémas pour traiter les problèmes enracinés et difficile à traiter avec la thérapie cognitivo-comportementale classique (TCC), et surtout les patients présentant des troubles de la personnalité qui ne répondent pas à certaines conditions de la (TCC) :
- complexité de la motivation, patient récalcitrants, incapable, d’adhérer aux techniques de la thérapie cognitive et comportementale, n’accomplissent pas les tâches, parfois ont une grande réticence pour apprendre des stratégies d’autocontrôle.
- ont de difficulté à parler sur leurs émotions et ils ont des pensées détachées de leurs émotions.
- ont des pensées irrationnelles et des scénarios de vie auto défaitistes extrêmement résistants aux techniques (TCC).
- rigidité psychique.


La thérapie des schémas est une thérapie fondée sur le rassemblement des éléments issus de la thérapie cognitivo-comportementale, théorie de l’attachement , Gestalt thérapie , les théories psychodynamiques , son modèle théorique prend également en considération les avancées actuelles en neurosciences .
Elle a pour but de traiter les aspects caractériels chroniques des troubles; "dépression chronique, anxiété chronique, troubles du comportement alimentaire, problème de couple, difficultés à long terme dans les relations intimes et la prévention des rechutes des toxicomanes ".

La théorie initiale de Young insistait sur la présence des schémas précoces d'inadaptation et sur les processus de perpétuation de ces schémas, soit le maintien, l'évitement et la compensation.
Les schémas précoces inadaptés (SPI) sont :
- Un modèle ou thème important et envahissant.
- concernant soi-même et les relations avec les autres.
- constitué au cours de l’enfance ou de l'adolescence.
- enrichi tout au long de la vie de l’individu et il est dysfonctionnel de façon significative.
- constitué de souvenirs, d’émotions, de cognitions et des sensations corporelles. Ainsi une personne présentant un schéma du sentiment d'abandon éprouvera une détresse importante quand son conjoint prend de la distance, craignant un abandon dévastateur même si peu d'indices objectifs le laissent supposer

Les (SPI) est le concept le plus fondamental, Young identifie 18 schémas inadaptés, Remarquez que quelqu'un peut toutefois posséder un ou quelques uns de ces schémas à différents degrés (plus ou moins rigides et activés facilement).
Ces schémas sont regroupés en cinq domaines.


A- Domaine de séparation et de rejet:
La certitude que ses besoins de sécurité, de stabilité, d'affection, d'empathie, de compréhension, d'approbation et de respect ne seront pas satisfaits. Cette certitude a une origine familiale typique : il s'agit de familles où règnent un climat de séparation, avec explosion, changement, rejet, punitions. Les parents sont stricts, froids ou bien maltraitent l'enfant.


1- Abandon/instabilité


Le manque de stabilité ou de fiabilité, perçu, de ceux qui offrent soutien et sens de l'appartenance à un groupe. Il s'accompagne du sentiment que les personnes "importantes" ne continueront pas à donner appui, force ou protection parce qu'elles sont émotionnellement instables et changeantes (explosions de colère), peu fiables, ou ne sont pas toujours présentes; parce qu'elles mourront bientôt ou parce qu'elles abandonneront le patient pour quelqu'un de "mieux " que lui.


2- Méfiance/abus


Le patient s'attend à ce que les autres le fassent souffrir, le maltraitent, l'humilient, mentent, trichent et profitent de lui. En général la souffrance infligée est perçue comme intentionnelle ou résultant de négligence extrême et injustifiable. Ceci peut aussi inclure le sentiment d'être constamment défavorisé par rapport aux autres ou de toujours " tirer la courte paille ".


3- Manque affectif


Le patient a la certitude que les autres ne donneront pas le soutient affectif dont il a besoin. On peut distinguer trois catégories principales : - Manque d'apports affectifs : absence d'attention, d'affection, de chaleur, ou d'une présence amicale.- Manque d'empathie : absence de quelqu'un de compréhensif qui vous écoute et de quelqu'un à qui parler de soi-même. - Manque de protection : absence de quelqu'un de fort qui guide et conseille.


4- Imperfection/honte


Le patient se juge imparfait, " mauvais ", inférieur ou incapable; le révéler entraînerait la perte de l'affection des autres. Ceci peut inclure : l'hypersensibilité aux critiques, à l'abandon et au blâme. Il peut exister une gêne, avec des comparaisons avec les autres et un manque de confiance en soi. Le patient peut ressentir la honte des imperfections perçues, celles-ci peuvent être internes (par exemple : égoïsme, colère, désirs sexuels inacceptables) ou externes (par exemple : défaut physique, gêne sociale).



5- Isolement/aliénation


Le sentiment d'être isolé, coupé du reste du monde, différent des autres et/ou de ne faire partie d'aucun groupe ou communauté.



B- Domaine de manque de limites:
Les exigences vis-à-vis de soi-même et du monde externe ne correspondent pas à la capacité (perçue) de survivre, d'agir indépendamment et d'arriver à une réussite suffisante. Ceci peut être lié à une origine familiale typique : famille " étouffante " où l'enfant est surprotégé, la confiance en soi est sapée et les relations en dehors de la famille ne sont pas encouragées : il en résulte un déficit d'apprentissage des compétences sociales.



1-Dépendance/incompétence


Croire à sa propre incapacité de faire face seul aux responsabilités journalières (par exemple, prendre soin de soi-même, résoudre les problèmes de tous les jours, faire preuve de bon sens, aborder de nouvelles tâches, prendre des décisions).



2- Peur du danger ou de la maladie:


Peur exagérée d'une catastrophe que l'on ne pourra pas éviter. Ces craintes se portent sur une ou plusieurs possibilités: - Santé : crise cardiaque, sida - Émotions : par exemple perde la raison - Catastrophe naturelle ou phobie : ascenseurs, crime, avions, tremblement de terre.



3- Fusionnement/personnalité atrophiée


Attachement émotionnel excessif à une ou plusieurs personnes, souvent les parents, au détriment d'une adaptation sociale normale. Très souvent, croyance qu'au moins l'un des individus ne peut pas survivre à l'autre, ou être heureux sans lui. Peut avoir le sentiment d'être étouffé par les autres, ou doute de lui-même, de sa propre identité. Sentiment d'être vide, sans but; ou, dans des cas extrêmes, questionne sa propre existence.



4- Échec


Croyance que l'on a échoué, que l'on échouera, que l'on est incapable de réussir aussi bien que les autres (études, carrière, sports, etc.). Souvent, le patient se juge stupide, inepte, sans talent, ignorant, inférieur aux autres, etc.


C- Domaine de manque de limites:
Il peut s'agir de manque de limites internes, de manque de responsabilité envers les autres, ou de l'incapacité à soutenir des buts à long terme. Ceci peut mener à des problèmes concernant les droits des autres, ou concernant ses propres objectifs. L'origine familiale typique est à rechercher du côté de parents faibles, trop indulgents, qui ne peuvent faire appliquer la discipline. L'enfant n'est pas encouragé à prendre des responsabilités, à tolérer un certain manque de confort, ou n'est pas suffisamment surveillé et guidé.


1- Droits personnels exagérés/Grandeur


Ceci correspond au besoin de faire, ou d'obtenir, exactement ce que l'on veut sans considérer ce qu'il en coûte aux autres; ou à une tendance excessive à affirmer sa force, son point de vue et à contrôler les autres à son propre avantage sans considérer leur désir d'autonomie. Le sujet est caractérisé par des exigences excessives et un manque général d'empathie.


2- Contrôle de soi/Autodiscipline insuffisant


Le problème central est l'incapacité ou le refus de contrôle de soi. Le patient ne peut supporter d'être frustré dans ses désirs et est incapable de modérer l'expression de ses émotions et impulsions. Sous une forme atténuée: le patient essaie à tout prix d'éviter ce qui est pénible tels que les conflits, les confrontations, les responsabilités et l'effort, au détriment d'un sens de la satisfaction personnelle ou de son intégrité.


D- Domaine d'orientation vers les autres:
Ils correspondent globalement à une importance excessive attachée aux besoins, désirs, réactions des autres, aux dépens de ses propres besoins afin d'obtenir leur affection ou leur approbation, par peur d'être abandonné ou pour éviter les représailles. Fréquemment, il existe une colère refoulée dont le patient n'est pas conscient. Il n'a pas un accès conscient, manque à ses propres sentiments et tendances. L'origine familiale de ce schéma doit être recherchée du côté d'une affection qui relève du conditionnel : pour se sentir aimé de ses parents, pour obtenir leur approbation, l'enfant réprime ses tendances naturelles. Les besoins des parents (affectifs, sociaux, leur style de vie) passent avant les besoins et réactions de l'enfant.


1- Assujettissement


Le comportement, l'expression des émotions, les décisions, sont totalement soumis aux autres parce ce qu'on se sent forcé d'agir ainsi, en général pour éviter colère, représailles ou abandon. Selon le patient, ses propres désirs, opinions et sentiments ne comptent pas pour les autres. En général, il montre une docilité excessive mais réagit vivement s'il se sent pris au piège. Il existe presque toujours, une colère refoulée contre ceux à qui il se soumet, provoquant des troubles de personnalité (par exemple : comportement passif/agressif, explosion de colère, symptômes psychosomatiques, troubles affectifs, drogues).


2- Abnégation


Un souci exagéré de toujours considérer les autres avant soi-même; cette considération est volontaire. Les raisons sont en général : peur de faire de la peine aux autres; pour éviter de se sentir coupable d'égoïsme; ou pour maintenir un contact perçu comme nécessaire aux autres. Mène souvent à une hypersensibilité aux souffrances des autres. Le patient peut éprouver le sentiment que ses propres besoins ne sont jamais satisfaits, d'où un ressentiment envers les autres.


3- Recherche d'approbation et de reconnaissance


Le problème central est un besoin excessif de l'attention, de l'estime et de l'approbation des autres; ou faire ce que les autres demandent, que cela corresponde ou non à ce que l'on veut de soi-même. L'estime de soi est formée à partir des réactions des autres et non à partir d'opinions et de valeurs personnelles. Parfois, une importance exagérée est accordée au style de vie, aux apparences, à l'argent, à la concurrence ou à la réussite - être le meilleur, le plus populaire - afin d'obtenir estime ou approbation. Fréquemment, les choix importants de la vie sont faits sans rapport avec le sujet; ou sont des choix qui n'apporteront pas de satisfaction; hypersensibilité au rejet; ou envie de ceux qui ont mieux réussi.



E- Domaine de survigilance et inhibition
Le problème principal est le contrôle exagéré des réactions, des sentiments et des choix pour éviter les erreurs ou pour maintenir des règles personnelles rigides dans sa conduite et dans sa performance, souvent aux dépens d'autres aspects de la vie: plaisirs, loisirs, amis; ou au détriment de sa santé. Origine familiale typique : sans joie; travail, devoir, perfectionnisme, obéissance, éviter les erreurs, sont des considérations beaucoup plus importantes que bonheur, joie, détente. Souvent, pessimisme et anxiété sont apparents : tout pourrait se désagréger si l'on ne se montre pas toujours vigilant.


1- Négativité\Pessimisme


Est au premier plan la crainte exagérée que, dans des contextes divers (travail, situation pécuniaire, relations interpersonnelles), tout va tourner au pire; ou bien on retrouve une prise en considération fréquente et persistante de tous les aspects négatifs de la vie : souffrance, mort, conflit, culpabilité, ressentiment, problèmes non résolus, erreurs possibles, etc., qui s'accompagne d'une minimisation ou d'un déni des aspects positifs et optimistes. Souvent, il existe une peur exagérée de commettre des erreurs et la crainte de leurs conséquences : ruine, humiliation, situation intolérable. Ces patients sont fréquemment anxieux, pessimistes, mécontents, et souvent indécis.


2- Surcontrôle émotionnel


Le contrôle excessif des réactions spontanées (actions, sentiments, paroles) est là généralement pour éviter les erreurs, la désapprobation d'autrui, les catastrophes, le chaos ou par peur de ne pouvoir maîtriser ses impulsions. On peut distinguer :- La répression de la colère et de l'agressivité. - Le besoin compulsif d'ordre et de précision. - La répression d'impulsions positives (joie, affection, excitation sexuelle, jeux). - L'adhérence excessive à la routine et au rituel. - La difficulté à reconnaître ses propres faiblesses, ou à exprimer facilement ses propres sentiments ou besoins. Souvent ces attitudes sont appliquées aux proches.



3- Idéaux exigeants\critique excessive


La conviction que l'on doit s'efforcer d'atteindre et de maintenir un niveau de perfection dans son comportement ou sa performance représente un idéal destiné à éviter les critiques. Ces exigences amènent à une tension constante; s'arrêter dans ses efforts ou se détendre devient impossible. Une critique constante de soi-même et des autres est effectuée. Par conséquent le patient souffre des déficits de plaisirs, détente, santé, estime de soi, satisfaction personnelle et relations interpersonnelles. On peut distinguer :- Le perfectionnisme, importance excessive attachée aux détails et sous-estimation de sa propre performance. - Des règles rigides; l'importance du devoir. Ces règles s'appliquent à de nombreux aspects de la vie : morale, culture, religion. - Préoccupation constante de temps et d'efficacité : toujours faire plus et mieux.


4- Punition


La tendance à se montrer intolérant, très critique, impatient et à " punir " les autres, et soi-même, s'ils n'atteignent pas le niveau de perfection que l'on exige. Ceci entraîne : la difficulté à pardonner les erreurs ou les imperfections - en soi ou chez les autres - l'incapacité de considérer les circonstances atténuantes; et un manque d'empathie, de flexibilité, ou l'incapacité d'admettre un autre point de vue.



Les mécanismes qui contribuent au maintien des schémas sont appelés les styles d'adaptation, Young décrit trois styles, selon qu'une personne met davantage en oeuvre l'un ou l'autre de ces types de processus, elle vit différemment un schéma: elle capitule, fuit ou contre-attaque. La plupart des gens ont recours à un mélange de ces stratégies.

1/ La soumission : La personne pense, ressent et réagit selon son schéma. Elle juge incorrectement les gens et les circonstances de façon qui renforce les croyances reliées à son schéma. Elle crée des situations et choisit des relations qui entretiennent son schéma.
Par exemple, la personne qui a le schéma d'imperfection trouve naturel de tolérer des gens qui la critiquent, ce qui maintient son schéma. Elle se comporte de telle sorte qu'on continue à la critiquer et à la déprécier. La personne qui a un schéma d'abandon trouve souvent naturel d'investir dans la relation avec un partenaire qui craint de s'engager.

2/L'évitement : La personne évite de penser à des questions reliées au schéma et évite les situations qui peuvent activer le schéma et faire vivre des sentiments négatifs de tristesse, de honte, d'anxiété ou de colère. Elle est souvent inconsciente de l'existence de son schéma. Elle le nie. La personne avec un sentiment d'imperfection peut fuir l'intimité. La personne ayant le schéma d'échec peut fuir le travail, les études et les nouveaux projets. La personne avec un schéma de dépendance peut fuir les situations où elle doit faire preuve d'autonomie. Ces évitements empêchent de tester ses schémas et de les modifier graduellement.

3/La compensation: La personne pense et réagit de façon opposée à son schéma. Cependant ses comportements sont souvent trop extrêmes et contribuent à maintenir son schéma. Par exemple, la personne avec un schéma de carence affective peut tellement réclamer d'attention qu'elle éloigne les autres et se retrouve encore plus privée d'affection. Une personne peut développer un sentiment de supériorité qui est à l'opposé du sentiment d'imperfection vécu dans l'enfance. Elle peut consacrer beaucoup d'énergie à son prestige et à sa situation sociale et choisir ses relations de façon à se sentir supérieur. Cette contre-attaque empêche toutefois, entre autres, l'intimité.


Les étapes de la thérapie :

1/ diagnostic et information du patient
Les buts du diagnostic et l’information du patient sont :
- Identification des scénarios de vie dysfonctionnels.
- Identification et activation des schémas précoces inadaptés.
- compréhension des origines des schémas dans l’enfance et l’adolescence.
- Diagnostic du tempérament émotionnel.
- Conceptualisation du cas centrée sur les schémas.
Les étapes de cette phase sont :
- L’évaluation initiale : détermination des problèmes actuels, buts thérapeutiques et l’adaptation du schéma thérapie au cas ou non.
- Exploration de l’historique de vie pour identifier les scénarios de vie dysfonctionnels concernants les relations interpersonnelles et professionnelles, qui sont responsables d’une insatisfaction et des symptômes cliniques.
- explication du modèle du schéma : montrant au patient la collaboration dans le travail pour l'identification des schémas et des styles d’adaptation (en utilisant un questionnaire à domicile).
- Utilisation des techniques émotionnelles (l’imagerie) pour accéder aux schémas et les activer; les relie aux origines infantiles et aux problèmes actuels.
- Observation des schémas et les styles d’adaptation au cours de la relation thérapeutique.
- Détermination du tempérament émotionnel du patient.
Grâce à ces étapes le patient arrive à reconnaître ses schémas, comprendre leurs origines infantiles et les styles d’adaptation, donc il peut construire une vision claire de la vie.
Durant cette phase le patient vivre les schémas avec ses 2 composantes; intellectuelle (grâce aux questionnaires, aux arguments empiriques et la logique, et émotionnelle (grâce aux techniques émotionnelles " L’imagerie ").
Le diagnostic nécessite 5 séances, mais plus avec des patients très compensateurs ou évitant.
Concernant la conceptualisation du cas centrée sur les schémas c’est à la fin qu’ils (patient et thérapeute) établissent un formulaire qui contient les schémas, les liens avec les problèmes actuels, les situations activantes les schémas, les facteurs du tempérament supposé , Les origines infantiles, Les souvenirs centraux, les distorsions cognitives centrales, Les comportements d’adaptation, les scénarios dysfonctionnel de la vie, Les effets des schémas sur la relation thérapeutique et les stratégies en vu du changements.

2/ Le changement :
Cette phase se réalise avec des méthodes cognitives, émotionnelles et comportementales.

2-1/ La modification cognitive :
Les techniques cognitives aident les patients à prendre du recul par rapport au schéma et à en évaluer la véracité; les patients s’aperçoivent qu’il existe une vérité en dehors du schéma avec une vérité qui est plus objective et qui paraît plus adaptée à la réalité.
Elle commence par l’examination des arguments pour et contre le schéma, le procédé est identique à celui utilisé pour les pensées automatiques dans la thérapie cognitive, La différence consiste que le schéma thérapeute utilise des informations extraites de la vie entière du patient et pas seulement des circonstances actuelles.

2-2/Les méthodes émotionnelles :
Ont pour but de déclencher les émotions liées aux schémas précoces inadaptés et de rematerner le patient de façon à guérir ses émotions et à combler partiellement ses besoins infantiles insatisfaits.
Les techniques émotionnelles produisent le changement le plus profond et le plus radical. Elles sont basées sur l’idée que la capacité à traiter les informations devient plus efficace lorsqu’une émotion est présente.
Après l’étape cognitive le patient dit : " sur un plan rationnel, Je comprends que mon schéma n’est pas vrai, mais je ressens toujours la même chose, sur le plan émotionnel je ressens qu’il est ".
Le thérapeute utilise comme technique : L’imagerie et le jeu de rôle.
L’imagerie est une technique utilisée pour le diagnostic et le changement.

A\ Imagerie et dialogues durant la phase diagnostique :
la première séance d’imagerie dure: 5 mm pour présenter le principe et répondre aux questions du patient , 25 mm pour le travail d’imagerie , 20 mm pour la discussion.
Grâce au travail d’imagerie la notion de schéma qui était une « cognition froide » va devenir une « cognition chaude »
3 principes de la séance d’imagerie :
- identifier les schémas centraux du patient ;
- apprendre aux patients à ressentir ses schémas à un niveau affectif.
- aide les patients à relier émotionnellement l’origine infantile de ses schémas aux problèmes actuels.
Premièrement le thérapeute demande au patient: « fermez les yeux et laissez une image flotter dans votre esprit, ne forcez pas cette image ; laissez simplement une image venir dans votre tête et dites – moi ce que vous voyez » puis le patient faite la description des images à haute voix, à 1 ère personne « je » et au présent de l’indicatif comme si les choses se produisaient à l’instant même, et la description des émotions de tous les personnages
Il est préférable de commencer et de terminer les séances d’imagerie avec l'imagerie d’un endroit sécurisant surtout avec les patients fragiles et / ou traumatisés.

B\ Dialogue en imagerie pour la phrase de changement :
Les dialogues d’imagerie sont une forme simplifiée du travail.
Sur les modes des schémas (l’enfant vulnérable, l’adulte sain et le parent dysfonctionnel)
Par ex : s’imaginer avec l’un des deux parents dans une situation bouleversante puis exprimer les émotions fortes envers lui surtout la colère ; La colère donne une puissance émotionnelle pour combattre le schéma et faire passer aux patients le sentiment qu’ils peuvent s’autoriser à avoir des droits humains de base.
Par ex : « je ne te laisserait pas me contrôler », « je ne te laisserai pas me critiquer », « j’avais besoin d’affection et tu ne m’en as pas donné », « j’ai droit d’une identité propre », « j'ai le droit de me sentir en colère »…

3- La modification comportementale :
Cette étape est très importante pour prévenir la rechute, parce que les schémas peuvent se réaffirmer eux –même.
Mais si le patient n’a pas progressé de façon adéquate au décours des étapes cognitives et émotionnelle, il est peu probable qu’ils parviennent à réaliser les modifications de cette étape.
Utilisation de techniques comportementales classiques comme : L’affirmation du soi, autosurveillance, détermination des buts, auto renforcement, l’exposition graduée aux situations redoutées …
Les comportements visés par le changement sont les styles d’adaptation dysfonctionnels qu’utilisent les patients lorsque leurs schémas sont activés.
La modification comportementale commence par la définition des comportements spécifiques en tant que cibles pour le changement. Le thérapeute et le patient disposent pour cela de plusieurs moyens :
1- ils affinent la conceptualisation des cas établis au cours de la phase du diagnostic.
2- Ils décrivent de façon détaillée les comportements problématiques.
3- Ils étudient les événements activateurs grâce à l’imagerie.
4- ils explorent la relation thérapeutique.
5- Ils demandent leurs avis aux proches.
6- Ils étudient les inventaires des schémas.
Ensuite, ils déterminent les comportements à modifier; et il est important d’essayer de changer les comportements dans le cadre d’une situation donnée de la vie actuelle avant de procéder aux changements de vie importants, en schéma thérapie, le thérapeute commence par les schémas et les styles d’adaptation centraux (celui qui causent le plus de souffrance et qui interfèrent le plus avec les activités et les relations interpersonnelles).
Après la fixation de la cible du comportement, il faut motiver le patient pour le changement, puis le patient va répéter le comportement sain en imagination et en jeu de rôle ; il s’imagine gérant la situation problématique et la joue en rôle avec le thérapeute (joue le coté sain puis ils inversent les rôles, mais ils travaillent ensemble pour gérer les obstacles probables).
Puis, il va transposer le comportement sain dans la vie réelle et de noter se qui se produit.
Puis revoir la tache en séance avec une importance donnée aux félicitations et l’attention du thérapeute surtout dans les première étapes.

♫: La relation thérapeutique :

La relation thérapeutique est un élément indispensable du diagnostic et du changement des schémas. Elle comprend 2 éléments très importants :

1-La confrontation empathique :
Le thérapeute va chercher le meilleur équilibre entre l’empathie et la mise à l’épreuve de la réalité qui permettra au patient de progresser, car il se sent reconnu et compris et par conséquent il accepte mieux le changement, il devient plus réceptif aux alternatives saines et voit son thérapeute comme un allié dans sa bataille contre le schéma qui est un étranger pour lui.

2-Le rematernage partiel :
Apporter au patient dans les limites autorisées de la relation thérapeutique ce qu’il n’a pas pu obtenir de ses parents.


Le travail sur les modes des schémas


Ce volet fait partie intégrante de la thérapie des schémas.
Le concept de modes est plus récent dans la théorie de Young, mais y prend de plus en plus d'importance. Il tire son origine de l'intervention auprès de patients limites. Les modes forment des regroupements naturels de schémas et styles d'adaptation. Les différents modes du patient limite ne sont pas complètement intégrés les uns aux autres; ils donnent l'impression de fonctionner avec un certain degré d'indépendance. C'est comme si, selon les moments, le thérapeute avait à composer avec des personnes différentes.
Une caractéristique essentielle du fonctionnement des modes, chez la personnalité limite, est leur propension à basculer rapidement de l'un à l'autre. On ne peut jamais prédire dans quel état on retrouvera le patient limite à la prochaine entrevue, ou bien on sera étonné de son brusque changement d'humeur durant le déroulement d'une rencontre.
On peut observer les cinq modes suivants chez le trouble de personnalité limite : l'enfant abandonné, l'enfant en colère, le parent punitif, le protecteur détaché et le soi sain.

1-Le mode de l'enfant abandonné
Dans ce mode, la personne exprime son incapacité à trouver réponse à ses besoins psychologiques fondamentaux, tels l'affection, l'empathie, la stabilité relationnelle, le respect, la protection, la supervision. Les émotions y sont intenses; la personne éprouve des sentiments importants de désarroi, de tristesse, de solitude.
On reconnaît le mode de l'enfant abandonné à la présence de certains des signes et symptômes suivants : sentiments dépressifs, sentiments d'impuissance, très mauvaise estime de soi. La personne est carencée, apeurée, est victime d'abus de toutes sortes. Elle se sent facilement perdue, dépassée. Elle ne se sent pas aimée ou pas assez valable pour l'être; elle fait donc des efforts désespérés pour ne pas être abandonnée. Elle idéalise démesurément toute figure offrant un espoir de " maternage ".

2-Le mode du protecteur détaché
Autant les patients limites démontrent une très grande intensité affective à certains moments, autant à d'autres ils apparaissent distants, froids, vides. Dans ce mode dont la fonction est la protection contre les émotions douloureuses par l'évitement de la réactivation des schémas, la personne se coupe de ses sentiments et de ses besoins. Elle peut aussi s'isoler, garder les gens à distance, ou encore faire preuve de soumission démesurée, pour éviter d'être punie. Dans ce mode, le patient limite peut être moins dérangeant pour l'environnement et apparaître adapté en surface. Il le fait cependant au détriment d'une adaptation saine qui s'appuierait sur des sentiments " raisonnables " liés à ses besoins fondamentaux. Dans le mode du protecteur détaché, la personne décrit régulièrement la sensation de fonctionner comme un robot. Elle fait les choses pour le faire, mais ne ressent rien. Il lui est impossible dans de contexte de développer un sentiment d'identité personnelle et la capacité d'avoir des relations proches, intimes avec d'autres personnes.
Le mode du protecteur détaché se présente sous certains des signes et symptômes suivants la dépersonnalisation, les sentiments de vide ou d'ennui. La personne fait abus de substance psycho-active, elle est boulimique. Elle s'automutile dans le but d'anesthésier sa souffrance psychologique. Elle présente des plaintes somatiques. Elle se soumet de façon excessive aux autres.

3-Le mode du parent punitif
Dans le mode du parent punitif, la personne limite fait preuve d'une grande sévérité envers elle-même. Le parent punitif repose sur l'internalisation d'attitudes du ou des parents réels, particulièrement de leur colère envers l'enfant. On a injustement puni l'enfant alors qu'il exprimait des besoins fondamentaux (besoins d'affection, d'empathie, …) ou éprouvait des sentiments légitimes (tristesse ou colère face à un comportement abusif…). De plus on ne tolérait pas qu'il fasse des erreurs, aussi mineures pouvaient-elles être; encore là, on l'en punissait sévèrement. Une fois la colère parentale internalisée, la personne la dirige contre elle-même : " Je suis une mauvaise personne. ". Chez la personnalité limite, le degré d'autopunition est extrême, pouvant conduire à des gestes d'automutilation graves.
On reconnaît le mode du parent punitif à la présence de certains des signes et symptômes suivants : la haine de soi, l'autocritique, l'abnégation de soi, l'automutilation, la colère contre le fait d'avoir des besoins ou d'éprouver des sentiments.

4-Le mode de l'enfant en colère
Plus que les trois autres modes inadaptés, celui de l'enfant en colère est responsable de la mauvaise réputation de la personnalité limite auprès de plusieurs intervenants et sert régulièrement de justification au mépris dont ils sont fréquemment victimes. Dans ce mode, la personne limite exprime une colère historiquement légitime (en référence au milieu familial d'origine), mais elle évalue mal le contexte actuel (déformations cognitives) ou, encore, elle a recours à des stratégies comportementales dysfonctionnelles. La personne agit de façon impulsive dans sa quête de réponses à ses besoins ou elle exprime ses sentiments de façon inadéquate. Le thérapeute est souvent la cible de la colère de la personne limite.
Le mode de l'enfant en colère se présente sous certains des signes et symptômes suivants. La personne démontre une colère intense, elle se comporte de façon impulsive. Elle est très exigeante, difficile à satisfaire; elle dénigre facilement les autres. Elle est manipulatrice, contrôlante, même abusive. Elle présente un comportement de promiscuité sexuelle. Elle exprime des menaces suicidaires.


L'objectif général de la thérapie est de réduire l'emprise des quatre modes inadaptés sur le sujet et, en contrepartie, d'accroître l'influence du mode du soi sain… Métaphoriquement, le mode du soi sain se comporterait comme un adulte équilibré, raisonnable, avec les modes " enfants " qui occupent la plus grande partie de l'espace limite. Ainsi il serait respectueux, disponible, affectueux, compréhensif, protecteur, permettant ainsi une expression adéquate des besoins et sentiments. Ce mode du soi sain est quasi inexistant chez plusieurs des patients limites en début de traitement. C'est donc le thérapeute qui jouera, dans un premier temps, ce rôle d'adulte sain auprès de son patient. Ce modèle pourra être graduellement incorporé par ce dernier en cours de thérapie.
Les objectifs thérapeutiques varient selon chacun des quatre modes inadaptés. De façon générale, le thérapeute démontre de l'empathie pour l'enfant abandonné. Aussi, il lui offre sa protection et le supporte dans son apprentissage à donner de l'affection et à en recevoir. Le thérapeute encourage le patient à lutter contre le parent punitif et à l'expulser de son univers intérieur; il le soutient dans cette démarche. Quant à l'enfant en colère, le thérapeute lui apprendra à exprimer ses émotions et ses besoins de manière appropriée; il aura auparavant pris soin d'en souligner la légitimité et de réaffirmer les droits fondamentaux de l'enfant. Par ailleurs, le thérapeute doit arriver à réassurer et, éventuellement, à remplacer le protecteur détaché dont la fonction a été de protéger la personne contre des affects dysphoriques intenses, ces affects étant associés à des relations dysfonctionnelles antérieures.

L'attitude des thérapeutes a un impact considérable sur leur choix d'interventions. C'est pourquoi il est important de spécifier la philosophie sous-tendant l'approche centrée sur les schémas.
1-Le thérapeute perçoit le fonctionnement du patient comme celui d'un enfant vulnérable. Cet " enfant " recherche désespérément une figure " maternante " stable à laquelle s'accrocher.
2-Le patient n'est pas une personne vorace, insatiable; ses besoins sont authentiques. Même s'il peut questionner la manière dont ces besoins sont exprimés ou agis, le thérapeute ne remettra jamais en cause leur légitimité.
3- Le thérapeute a aussi des droits. Même si les besoins du patient limite sont très grands, le thérapeute doit toujours demeurer conscient de ce qu'il est prêt à donner ou à accepter. Il ne constituera pas un bon modèle (" adulte sain ") s'il est incapable de faire respecter un encadrement dans lequel chaque personne a des besoins et des droits légitimes.
4-Le traitement d'un patient limite est long et exigeant. De plus, puisqu'il sera impossible au thérapeute de combler les immenses besoins de son patient, celui-ci éprouvera régulièrement du ressentiment envers lui. Dans ce contexte, la position du thérapeute n'est pas aisée; il éprouvera inévitablement des sentiments de frustration à un moment ou l'autre du processus. Il est très important que cette frustration ne se manifeste pas sous forme de blâme envers le patient. Cela équivaudrait à jouer le rôle du parent punitif, rôle très nocif pour ce dernier.
5-Le processus thérapeutique se compare à celui du développement de l'enfant, le thérapeute assumant ici le rôle de parent substitut.
En conclusion, la philosophie de l'approche centrée sur les schémas repose sur une authenticité et un respect réciproques entre le thérapeute et son patient limite.



♫: Les modes des schémas chez le narcissique:
Les sujets narcissiques ont des variations de mode moins rapides, ils ont 3 modes principaux (en plus du mode adulte sain) :
1-L'enfant esseulé
2-L'auto-magnificateur
3-Tranquiliseur détaché
On dénombre 3 schémas inadaptés chez le sujet narcissique :
-Manque affectif
-Imperfection
-Droits personnels exagérés